La classe!

Nouvel opus du Guide de l'étudiant

LHGE2011_ Le Guide de l'étudiant vient de sortir. Offert avec L'Hebdo du 1er septembre, il peut être trouvé en kiosque pour 3 francs.

Au sommaire

Parcours
Quand université rime avec maternité

Espace
Du ciel, Swisscube vous salue bien

Orientation
Choisir son master: mode d’emploi

Alumni
Genève réunit ses anciens étudiants

Dons privés
Comment gérer le jackpot

Recherche
Une Thaïlandaise très éclairée

Rencontres
Portraits de quatre étudiants

Soutien
Profession: répétiteur

Reportage
La guerre des taxes

Finances
Bourses d’études: le débat rebondit

Enseignement
Un jour dans la vie d’un maître assistant

Entretien
Sa Majesté Helvetus IV s’adresse au peuple

 

Rédigé le 05 septembre 2011 dans Guide de l'étudiant, Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

C’est l’histoire d’un prof heureux

L’enseignant vaudois Jean-Blaise Rochat s’adresse aux parents de ses élèves. Tendre, drôle, décapant et grave.

«Monsieur, vous pouvez me signer votre livre?» Julie tend l’ouvrage à son professeur de français et d’histoire, Jean-Blaise Rochat, qui vient de publier une "Lettre aux parents de mes élèves". En ce premier matin ensoleillé de vacances d’été, devant un bâtiment du collège de Bussigny (ouest de Lausanne), quatorze adolescents de la classe de 8VSB1 sont venus poser avec leur enseignant, pour L’Hebdo. Personne ne les y a obligés, une preuve de l’affection qu’ils lui portent.

Le livre de Jean-Blaise Rochat, 56 ans dont 30 d’enseignement, n’est pas banal. Il se compose aux deux tiers d’histoires vécues, de «croquis pris sur le vif» dans les classes, sous le titre de Juvenilia. En creux, il en émane un doux portrait de l’adolescence, entre mots d’enfants et soucis d’adultes. Ces lignes parfois graves ont paru dans La Nation, le journal de la Ligue vaudoise, dont l’auteur est le rédacteur responsable, et le correcteur, depuis bientôt vingt ans. Ce mouvement fédéraliste et conservateur soutient l’initiative populaire Ecole 2010, sur laquelle les Vaudois s’exprimeront le 4 septembre. Un texte auquel s’opposent les radicaux, les socialistes et les Verts, adeptes d’une nouvelle loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) proposée sous forme de contre-projet.

Malgré ce contexte électrique, Jean-Blaise Rochat n’a pas écrit un brûlot politique, et cela lui va bien. Comme pour brouiller les idées reçues, il suggère même d’ajouter des heures... de travaux manuels et de dessin pour pallier les déficiences en orthographe des élèves. Et au détour d’une page, le lecteur découvre que l’essentiel du métier «s’acquiert au jour le jour avec beaucoup d’amour et un peu de désinvolture».

L’autre partie du livre s’adresse aux parents. Entre ses considérations sur la pédagogie, des souvenirs de ses maîtres et un beau chapitre sur Felix Mendelssohn, le professeur énumère ce qui le tracasse. Comme la perte des humanités, «laminées, dans une société qui privilégie la science et l’économie: apprendre le latin est considéré comme un loisir superflu».

Une partie plus polémique concerne le «partenariat école-parents», une notion qu’il abhorre. «Tout le monde a l’impression d’être compétent en matière pédagogique, sous prétexte d’avoir été à l’école, affirme-t-il. Je ne me mêle pas de la façon dont le photographe ou le journaliste font leur travail.» L’auteur souhaite que chacun reste à sa place, en écrivant: «De même que je ne suis pas le papa de vos enfants, vous n’êtes que partiellement le prof de vos enfants.»

Qu’ils soient en 8e, en 9e ou en 10e, Jean-Blaise Rochat maintient une grande ambition pour sa soixantaine d’élèves. «Si vous leur donnez à lire des textes de qualité, ils sentent que vous ne vous moquez pas d’eux, même s’ils s’y cassent les dents.» Ainsi, Le colonel Chabert de Balzac figure parmi leurs devoirs d’été. Grand amateur de musique, ce professeur heureux enrichit son enseignement avec des œuvres d’art et des extraits sonores, remportant un succès variable auprès des adolescents: «Il faut dire que ce qui passe dans leurs écouteurs est horriblement bruyant!», sourit cet amateur de paisibles randonnées en montagne.

«Lettre aux parents de mes élèves». Cahiers de la Renaissance vaudoise No 149, 137 p.

Paru dans L'Hebdo du 7 juillet 2011

Rédigé le 07 juillet 2011 dans Ecole obligatoire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Les premiers pas à l’université, sans douleur

Une société lausannoise propose des cours privés de préparation à l’université, dans toute la Suisse romande. Ce marché est en expansion.

Dans les universités romandes, la première année est sélective. Par exemple, toutes facultés confondues, seuls 44% des étudiants franchissent ce cap du premier coup à l’Université de Lausanne (Unil). De quoi susciter des angoisses chez les jeunes qui découvriront les auditoires en septembre prochain.

Pour les rassurer, et les préparer au mieux à ce qui les attend cet automne, Alex Herren propose des cours préparatoires dans le cadre d’easyprofs.ch, une entreprise active dans le domaine du soutien scolaire. Ce serial entrepreneur trentenaire basé à Lausanne, fondateur de plusieurs sociétés, dont etudiants.ch, le constate: «Les premiers mois à l’université, ce n’est pas toujours happy days.» Entre le changement de rythme de travail et l’énorme quantité de matière à absorber à la vitesse de la lumière, les occasions de perdre pied, voire d’abandonner, sont nombreuses.

Sa solution? Des cours sur mesure, donnés à de petits groupes d’au maximum 12 personnes, à la fin août de cette année. Les enseignants sont des étudiants en master, des doctorants ou des assistants. La matière dispensée est très ciblée. Par exemple, la présentation des mathématiques nécessaires aux futurs étudiants en Sciences économiques de l’Université de Genève (Unige). Une offre équivalente, et adaptée aux exigences locales, est proposée pour Lausanne, Neuchâtel et Fribourg. Etalées sur une semaine, à raison de trois heures par jour, les formations se composent de théorie, et d’exercices pratiques en alternance, au tarif de 15 francs de l’heure. Tout compris, la préparation revient à 245 francs.

Grâce à son réseau, qui comprend plusieurs milliers de personnes en formation, Alex Herren a pu cerner les matières qui posent problème: mathématiques, statistiques, algorithmique et comptabilité. «Le contenu des cours a été défini avec nos enseignants, et colle exactement à la matière présentée pendant les deux premiers mois d’université sur chacun des sites», ajoute Alex Herren. «Mais nous n’avons pas du tout la prétention de concurrencer l’enseignement des professeurs», précise cet ancien étudiant en lettres. La composante psychologique, soit rassurer le futur étudiant en lui donnant les clés de son nouvel environnement, compte également.

Même si les jeunes en formation ne sont pas fortunés, le marché semble assez vaste pour accueillir plusieurs acteurs. Ainsi, à Genève, l’Ecole de préparation et soutien universitaire propose un service de coaching, des examens à blanc et du e-learning, notamment pour les débutants en faculté de médecine à l’Unige (50 étudiants par an) et en faculté de sciences économiques et sociales (20 personnes par an). Sergei Poskriakov, son directeur administratif, estime que la demande s’inscrit à la hausse, un phénomène «sans doute dû à une ouverture de plus en plus aisée vers les écoles privées, qui sortent d’une vision élitiste de l’éducation et deviennent des partenaires de choix pour aider les étudiants à réussir leurs études difficiles.»

Vice-rectrice en charge de l’enseignement à l’Unil, Danielle Chaperon signale que l’institution propose déjà, à la mi-septembre, une semaine d’accueil gratuite et «très fréquentée», à l’intention des premières années. Au programme, méthode de travail et prise de notes. La responsable indique toutefois que ces offres privées «nous ont alertés sur un besoin ressenti par les étudiants. Nous devons occuper ce créneau». Ainsi, dans ses objectifs stratégiques pour les cinq prochaines années, la direction de l’université va placer un accent sur l’accompagnement des premières années, en proposant différentes mesures, comme le tutorat. La lutte contre les abandons ne fait que commencer.

 Commentaire d’Yves Flückiger, vice-recteur de l’Université de Genève

Il y a sans doute un peu d’argent à faire sur ce type de créneau, quand des étudiants ont des craintes. J’ai des doutes sur l’utilité d’une telle offre. Au niveau de l’UNIGE, nous avons le service «Réussir ses études», qui offre toute une série d’ateliers, comme par exemple prendre des notes, gérer son temps ou préparer ses examens. Ces cours sont très bien reçus par les étudiants, même si, à mon goût, davantage d’entre eux devraient y prendre part. J’ai un peu l’impression que ce sont les étudiants qui réussissent le mieux qui s’y rendent. La responsable du programme, Delphine Rinaldi, varie l’approche selon les facultés.

Article paru dans L'Hebdo du 30 juin 2011

 

Rédigé le 30 juin 2011 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

La France championne du soutien privé

Un rapport remis à la Commission européenne, The challenge of shadow education, montre que l’Hexagone est le premier marché du soutien scolaire privé (2,6 milliards de francs en 2007), devant l’Allemagne, la Grèce et l’Espagne. Ce sont les meilleurs éléments des classes qui sont les plus demandeurs de cours particuliers, ce qui maintient leur avantage. L’étude critique la qualité pédagogique de cet enseignement, qualifié de «bachotage», et craint un accroissement des inégalités.

Paru dans L'Hebdo du 30 juin 2011

Rédigé le 30 juin 2011 dans Ecole obligatoire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Uni-boulot-dodo (II)

Entretien avec Jean-Philippe Fages, conseiller VAE de la HES-SO et de l'UNIGE.

"Notre idée consiste à aider les candidats qui souhaitent reprendre des études. Qu'ils soient motivés par une progression dans leur carrière ou pour renforcer leur employabilité, ces personnes ont un souhait d'orientation. Nous les conseillons afin qu'ils choisissent le diplôme qui correspond le mieux à leurs acquis, la filière qui leur sera la plus profitable. Rien n'est automatique ou systématique, mais au contraire, géré au cas par cas."

"Nous faisons valider le choix par un jury, composé en majorité de professeurs (de l'UNIGE ou de la HES-SO selon les cas). Le jury intègre des professionnels extérieurs à la haute école. C'est très important: ces derniers pourront évaluer les compétences métier des candidats."

"Nous accordons ensuite un certain nombre de crédits ECTS aux candidats. Cela va généralement de 60 à 90, avec un maximum de 120. Il reste donc un complément à effectuer car un bachelor requiert 180 crédits."

"La démarche, que nous facturons 1000 francs et qui dure de 6 à 8 mois, coûte bien plus cher. Il s'agit d'un investissement de la part des institutions."

"Attention, pour être admis à la VAE, il faut être admissible dans la haute école ou la faculté. Les règles d'accès ne changent pas."

"Nous n'avons pas d'objectifs chiffrés en termes de nombre de candidats. Nous savons que la demande existe, suite à plusieurs séances d'information. L'UNIGE possède une petite expérience, puisqu'elle a lancé un service de VAE en 2008. Pour l'instant, une dizaine de personnes constituent leur dossier."

"La structure va évoluer. Nous espérons proposer de nouvelles filières. Mais est-ce que les candidats pourront se libérer suffisamment pour suivre les cours? Est-ce que l'offre correspond aux attentes? Un comité de pilotage et de suivi HES-SO-UNIGE a été mis sur pied pour évaluer le dispositif."

"Les étudiants auront un programme allégé, à la carte. Certaines matières leur seront accordées, d'autres devront être rattrapées. Si aucun traitement de faveur ne sera fait, nous souhaitons suivre la réussite de ces étudiants, âgés de 25 ans au moins, dans leur cursus."

"Nous avons encore une conception archaïque de l'enseignement. Nous faisons des études, puis entrons dans la vie active sans retour dans les hautes écoles. Or, la conception récente de la formation tout au long de la vie veut une alternance entre des périodes de travail et des périodes de formation, afin que les personnes restent employables, évoluent avec les nouvelles technologies et restent à jour."

"Nous sommes la seule Université/HES à proposer ce type de service dans la formation supérieure en Suisse."


Rédigé le 11 mars 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Uni-boulot-dodo (I)

Transformer une expérience professionnelle en passeport pour les hautes écoles, c’est possible.

C’est une première en Suisse. L’Université de Genève et la Haute école spécialisée de Suisse occidentale lancent un guichet commun de validation des acquis (VAE). Ainsi, 19 diplômes (des bachelors et des masters) sont ouverts aux personnes qui souhaitent «reprendre des études, pour progresser dans leur carrière, ou pour renforcer leur employabilité», explique Jean-Philippe Fages, conseiller VAE.

Après une orientation vers la filière la plus adaptée au profil du candidat et des entretiens pour affiner son projet, un jury composé de professeurs et de professionnels de la branche détermine combien vaut, en termes de crédits ECTS, l’expérience professionnelle accumulée. Ensuite, un programme de cours allégé et personnalisé est mis sur pied, avant que le nouvel étudiant, âgé de 25 ans au minimum, ne rejoigne les bancs de la haute école. La démarche, d’une durée de 6 à 8 mois, ne coûte que 1000 francs.

Au début 2010, les diplômes proposés sont les suivants:

Bachelor en économie d’entreprise (HES-SO)
Bachelor en gestion d’entreprise (UNIGE)
Bachelor en socio-économie (UNIGE)
Bachelor en sciences politiques (UNIGE)
Bachelor et master en sociologie (UNIGE)
Bachelor en sciences informatiques (UNIGE)
Bachelor en informatique de gestion (HES-SO)
Bachelor et master en systèmes d’information (UNIGE)
Bachelor en information documentaire (HES-SO)
Bachelor en travail social (HES-SO)
Bachelor, certificat et master en sciences de l’éducation, orientation «formation d’adultes» et orientation «analyse et intervention dans les systèmes éducatifs» (UNIGE)
Bachelor en soins infirmiers (HES-SO)
Bachelor en musique (HES-SO)
Bachelor en théâtre (HES-SO)

Rédigé le 11 mars 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Garder l'oeil ouvert

A Genève, la Haute Ecole de gestion propose des cursus en intelligence économique et veille stratégique. Utile en temps de crise.

Que préparent mes concurrents? Quelles sont les innovations technologiques dont mon entreprise pourrait avoir besoin? Comment trouver de nouveaux marchés? Comment fonctionnent les hackers?

Ces questions, et tant d’autres, relèvent de l’intelligence économique et de la veille stratégique. Ces domaines sont désormais couverts par un trio de formations continues proposées à la Haute Ecole de gestion de Genève. Un jour par semaine, dès le 19 février, quinze étudiants vont se plonger dans les méandres de la recherche et de la valorisation de l’information. L’utilisation fine des outils du web 2.0 fait partie d’un menu très interdisciplinaire, tout comme les questions de propriété intellectuelle et de «e-reputation».

Les participants, âgés pour la plupart de 25 à 35 ans, sont actifs dans la banque, l’horlogerie ou la documentation, par exemple. «Une enquête a montré que les 3/4 des entreprises suisses disaient faire de la veille stratégique. Mais elles rencontrent des difficultés de méthodologie, ainsi que de recherche des sources et des outils», relève Hélène Madinier, responsable du programme. Le terrain est donc encore en friche dans notre pays, alors que la France s’en soucie depuis longtemps.

En complément de cet article, paru le 14 janvier 2010 en page 9.

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La Haute école de gestion de Genève, photo Philippe Gétaz

Les réponses d'Hélène Madinier, professeure HES et responsable du programme.

"Notre formation comporte trois étages: un Certificate of advanced studies (CAS), un Diploma of advanced studies (DAS) et un Master of advanced studies (MAS)."

Soit, 7 mois et 15 crédits ECTS; 1 an de plus et 33 ECTS; 6 mois de plus et 12 crédits ECTS. Donc un total de 60 ECTS pour le MAS.

"La majorité des étudiants ont entre 25 et 35 ans. Certains ont plus de 40 ans: des consultants, ou des personnes qui veulent se doter d'une spécialisation supplémentaire. Il faut posséder un minimum d'expérience professionnelle pour cette formation, car cela permet davantage d'échanges. Les secteurs d'activité représentés sont divers: banque, horlogerie, ONG, entreprise publique, gestion de l'information..."

"Le besoin de formation existe. En 2008, nous avions mené une enquête avec Digimind, une société française. Elle a montré que les 3/4 des entreprises faisaient de la veille stratégique. C'est surprenant. Mais les entreprises rencontraient des difficultés dans la méthodologie, ne connaissaient pas les outils, ... Typiquement, la veille était organisée de manière informelle. Les gens étaient bien sensibilisés à la question, mais manquaient de méthode."

"Des exemples romands de veille utile? Une PME active dans le second oeuvre a pu repérer un site étatique qui présente tous les permis de construire. Et donc accéder ainsi à des clients. Une autre entreprise a pu repérer qu'un fournisseur devenait un concurrent."

"L'intelligence économique, ce n'est pas simplement identifier des concurrents potentiels et des parts de marchés possibles, c'est aussi se protéger des agressions extérieurs. Les vols d'information ne cessent d'augmenter en Suisse. Une autre composante de l'IE, c'est le lobbying."

"Si le web 2.0, les réseaux sociaux sont traités dans la formation, il n'est pas nécessaire d'être doué en informatique. On ne demande pas aux étudiants de programmer quoi que ce soit. La technologie ne fait pas tout: collecter l'information, c'est bien, mais il faut ensuite l'interpréter."

"Jacques Baud est intervenant lors des cours. Il présentera les dimensions politiques de la veille et de l'IE. Des pratiques vieilles comme le monde, qui viennent du militaire: savoir ce que fait l'ennemi avant d'agir. Il parlera de renseignement, et donnera une perspective historique."

"Nous restons toujours dans le cadre légal pour la recherche d'informations. Soit l'information blanche et grise, cette dernière étant par exemple difficilement accessible, car dans le web profond. Des informations sur les méthodes des hackers seront bien sûr données!"

Rédigé le 13 janvier 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Pépinière d'emplois

Les 25 et 26 mars, Lausanne accueillera le Salon des étudiants. Parmi les nouveautés de cette 4e édition: la manifestation va abriter le Forum Ingénierie et architecture HES-SO (Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale). Axé sur le recrutement, ce dernier met en relation les diplômants et les entreprises.

Auparavant organisé par les écoles d’ingénieurs, le forum est désormais confié à la société etucom pour ses aspects organisationnels. Ce partenariat va amener au moins 750 visiteurs supplémentaires au Salon, qui en a compté 5500 en 2009. Quel gain pour les étudiants? Le Forum «va attirer de nouveaux exposants, donc des possibilités de contacts utiles», indique Alex Herren, directeur d’etucom.

Autres temps forts: le 25 mars, des organisations internationales (ONU, UNICEF ou Interpol, etc.) seront présentes pour l’International career day. Le 26 mars sera dédié au recrutement, sous l’appellation «Un jour, un job». Des coachs aideront notamment les étudiants à peaufiner leurs CV et leurs entretiens d’embauche.

En complément de l'article paru dans L'Hebdo du 14 janvier, en page 8

Les réponses de Marianne Tellenbach, chargé de communication HES-SO.

"Le Forum connaîtra sa 6e édition en mars. Il sert à créer le contact entre les étudiants à la recherche d'un emploi et les entreprises. La visite est obligatoire pour les diplômants. Ces derniers préparent leurs visites à l'avance, transmettent leurs CV aux employeurs potentiels, afin d'être efficaces sur place."

"Les écoles paient le déplacement pour les étudiants qui se rendent à Lausanne. Nous comptons entre 750 et 800 personnes, répartis sur les deux jours du Salon des étudiants."

"Les écoles d'ingénieurs organisaient ce Forum, qui s'est déroulé dans tous les cantons romands. Mais elles ne sont pas spécialistes de ce genre d'événement, qui comporte beaucoup d'aspects organisationnels. Nous estimons que c'est une bonne idée de se greffer sur une manifestation qui marche. De plus, Lausanne a une position centrale."

Les réponses de Alex Herren, directeur d'etucom, la société organisatrice du Salon des étudiants.

"La présence du Forum au Salon des étudiants va attirer de nouvelles entreprises, donc des exposants supplémentaires. Nous en attendons une centaine au total. C'est un gain pour les visiteurs."

"Le jeudi 25 mars, nous aurons le International career day. Des organisations internationales seront présentes, comme Interpol, l'Agence spatiale européenne, l'ONU, l'Unicef et même Interpol! Le lendemain se déroule l'opération "un jour un job". Nous allons offrir le maximum pour que les étudiants décrochent un emploi. Sur place, ils trouveront des coachs, des relookers, un studio de photographe professionnel, de quoi préparer des CV vidéo, des spécialistes des CV, la possibilité de simuler des entretiens d'embauche. Le comédien Benjamin Cuche sera d'ailleurs présent.
Les étudiants qui viennent au salon pourront déposer leur CV, afin que les entreprises exposantes puissent y avoir accès."

Rédigé le 13 janvier 2010 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

A la Cité des métiers (III)

Bilan positif de la manifestation: 70 548 entrées, dont 27 000 enfants des écoles genevoises, et 3000 du reste de la Suisse romande.

Rédigé le 01 décembre 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Diplômé

"J’ai fait «Maths sup et HEC». Maternelle supérieure et Hautes études communales. Les études restent un parachute. Comme le bac, on peut dire que c’est de la merde quand on l’a."

Paul-Loup Sulitzer, dans M

Rédigé le 30 novembre 2009 dans Aucun rapport, mais là, aucun | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

A la Cité des métiers (II)

20Rencontre avec Philippe Comte, étudiant en communication visuelle à la Haute école d’art et de design de Genève. Âgé de 21 ans, il a concocté l'affiche du Paléo Festival Nyon, dévoilée officiellement le 25 novembre. En troisième année, il devrait obtenir son bachelor en juillet 2010. Comme il se trouvait sur le stand de son école à la Cité, je lui ai tendu l'enregistreur.

Comment en êtes-vous arrivé à prendre part à la course pour créer l'affiche de Paléo?

Chaque année, la HEAD lance le concours au sein de l'école. En première année, il est obligatoire de participer, ce qui est bien. Puis cela devient optionnel. Je me suis présenté deux fois. Et en mars de cette année, j'ai eu la confirmation que mon projet était retenu. Cela fait donc depuis le printemps que je me tais, silence total (rires) ! 

Expliquez votre concept...

Nous avons été briefés: Paléo voulait quelque chose de très différent des années précédentes. Pas question d'éléments tirés de la musique, plutôt de l'abstrait. Je ne suis pas très à l'aise avec le dessin: je suis parti sur des formes simples, circulaires. L'ensemble compose un visage. Afin de montrer le côté chaleureux de la manifestation, les gens qui se rassemblent... Côté technique, tout a été réalisé avec Illustrator.

Et les couleurs?

Au final, nous avons pris celles du logo. Cela a beaucoup évolué!

Et les produits dérivés?

Depuis début septembre, je suis en stage à temps partiel à la Fonderie à Carouge (une association de graphistes), parallèlement à mes cours. Je travaille pour la partie création, merchandising... Quand on participe au concours, on doit fournir une boîte à outils...

C'est-à-dire?

Des éléments de l'affiche réutilisables sur différents supports. J'avais réalisé une simulation pour le T-shirt, la casquette, etc. Paléo a vu toutes les options possibles. Aujourd'hui, dans le cadre de mon stage, ces formes, ces cinq lettres m'ont permis beaucoup de choses, comme créer des petits personnages, des animaux destinés aux T-shirts pour les enfants... Simplement avec des assemblages, sans couper les formes. Il reste encore beaucoup de travail: certaines maquettes ont été validées, d'autres doivent être modifiées.

La HEAD va vous donner votre diplôme directement?

Non! Mais c'est une belle expérience.

Parlez-nous de votre parcours

Je suis Français. A l'école, en 3e, il faut effectuer un stage en entreprise pour découvrir les métiers. Je suis allé chez Mathys. Les graphistes m'ont parlé de leur travail, et je me suis dit: "je veux faire ça". Ensuite, j'ai passé le concours d'entrée aux Arts appliqués à Genève. Après une année préparatoire, j'ai choisi le graphisme. Trois ans de formation, avec un CFC. En parallèle, j'ai suivi la maturité professionnelle artistique. Ensuite, j'ai enchaîné avec la HEAD, où j'ai été accepté.

Et ensuite, un master?

Non! J'en suis à 7 ans d'études... Avec deux amis, nous avons monté un groupe, dans le but, un jour, de lancer notre propre entreprise.

Edité le 27 novembre

Rédigé le 26 novembre 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

A la Cité des métiers (I)

Jusqu'au 29 novembre, Genève accueille le plus grand salon de Suisse consacré à la formation. Il s'agit de la Cité des métiers et de la formation, dans la Halle 6 de Palexpo. Près de 200 exposants s'y trouvent.Tous les métiers existants sont représentés.

Mardi 24 novembre, la manifestation avait accueilli 12000 visiteurs, surtout des enfants et des jeunes de 12 à 16 ans. Le mercredi, c'était un peu plus calme. Visite en images (cliquez pour les agrandir).

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Quatorze places de travail en horlogerie et bijouterie ont été installés par l'Union des fabricants d'horlogerie de Genève, Vaud et Valais (UFGVV).

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Au coeur de la manifestation, le pôle "nature". Arboriculteurs, forestiers, fleuristes, horticulteurs, métiers du cheval, recycleurs, etc. Une havre de paix, avec arbres et fontaine.

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Alméric Théraulaz, apprenti monteur en chauffage à Charmey. Il participe aux championnats suisses des métiers, une épreuve de sélection pour les mondiaux, qui auront lieu à Londres en 2011. Quatre métiers du bâtiment sont en démonstration, sous l'oeil d'un collège de jurés. Impressionnant.

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Les métiers du bâtiment sont très présents. Les cours pratiques des apprentis maçons ont été délocalisés à Palexpo pour le temps de la Cité des métiers.


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Un garage-carosserie auto-moto-vélo a carrément été installé!

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Le stand des douanes suisses. Animations spectaculaires, avec recherche de drogue grâce aux chiens, ou passage de bagages au scanner. Ici, l'animateur sort un pistolet d'un carton!


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Présenter la météo, pas si facile. Sur le stand de la TSR, on s'essaie au fond bleu, sur lequel on inscruste ensuite les images.

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Le stand de L'Hebdo, avec des albums de Mix&Remix, et des rencontres avec des journalistes et des graphistes.

Rédigé le 26 novembre 2009 dans Apprentissage, Formation continue, Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Pour un département fédéral de la formation

Je ne l'avais pas vu passer, mais le conseiller d'Etat Charles Beer (PS/GE) s'est prononcé le 8 octobre pour un regroupement de la formation dans un seul département fédéral, contre deux actuellement (en très gros, les EPF sont à l'Intérieur et les HES + la formation professionnelle sont à l'économie).

"Gageons qu'à l'issue de l'élection de Didier Burkhalter, le Conseil fédéral prendra la première mesure indispensable - au-delà de l'entrée en vigueur projetée pour 2012 de la Loi fédérale sur l’aide aux hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles (LAHE) - celle de créer un département de la formation, tant attendu pour donner le signal de l'ambition et de l'exigence."

Source

Rédigé le 23 octobre 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Logiciel à 7 millions poubellisé?

L'Etat de Vaud a tenté d'harmoniser la gestion des données des écoles avec un logiciel sur mesure. Coûteux échec.

Après trois ans d’agonie, les souffrances du projet SIEF devraient être abrégées. Le Système d’information des établissements de formation, censé uniformiser les données des écoles vaudoises, devrait être abandonné: soit entièrement, soit partiellement jusqu’à ce qu’une autre méthode prenne le relais. Selon nos informations, c’est ce que l’audit, voulu par le Grand Conseil, propose au Conseil d’Etat. Les 7 millions de francs investis partiraient ainsi en fumée.

 

Car c’est un logiciel sur mesure, inspiré de ce qui existe en Autriche, que le Département de la formation (DFJC) a commandé à un grand concepteur informatique (que nous n'avons pas pu joindre). Lancé en 2006 en fanfare, le dénommé e*SA devait gérer les absences et les moyennes des élèves, entre autres. Jusqu’alors, chaque établissement utilisait l’application de son choix: on en comptait près 200 dans le canton. Dès lors, le traçage des élèves qui déménageaient, par exemple, s'avérait très compliqué. Le canton a voulu y mettre de l'ordre. Les écoles professionnelles ont essuyé les plâtres et subi d’innombrables bugs: absences non comptabilisées, moyennes fausses, tout devait être contrôlé manuellement. Le concepteur a mené quatre mises à jour, sans succès.

 

Au printemps 2008 puis 2009, la Commission de gestion du Grand Conseil a vertement critiqué SIEF. Elle déplorait un «projet fait «à la hussarde», sans école pilote, sans planning cohérent, sans suivi». Elle épinglait également le concepteur, dont «la réaction (aux problèmes du logiciel) n’est pas à la hauteur». D’ailleurs, le procès avec l’Etat de Vaud avait été évité de justesse en 2007. Au final, SIEF aura épuisé les chefs de projet de chaque bord, qui seront tous deux remplacés.

 

C’est aussi la gestion de l’affaire au niveau départemental qui semble avoir posé problème. Le département d’Anne-Catherine Lyon (DFJC) a tenu à mener SIEF seul, alors que l’informatique cantonale est dorénavant réunie sous l’égide de François Marthaler, au Département des Infrastructures. «Le DFJC est resté dans son coin, accuse Fabienne Despot, députée à la tête de la commission du Grand Conseil. SIEF aurait dû être intégré à l’informatique cantonale beaucoup plus tôt.» Ce sera finalement fait, en mai 2009, après trois années de débâcle. Cela permet aujourd’hui à Anne-Catherine Lyon de renvoyer la patate chaude à François Marthaler en refusant de répondre à nos questions. Quant à ce dernier, il juge prématuré de communiquer, étant donné que le Conseil d’Etat n’a pas encore été consulté.

 

Si e*SA est bien débranché, comment fonctionneront dorénavant les écoles professionnelles? Impossible de revenir aux logiciels antérieurs, désactivés, car l'Etat de Vaud a refusé qu’ils tournent en parallèle. L’aide ne viendra pas non plus des autres cantons, qui n’ont encore rien uniformisé et lorgnaient certainement sur l’expérience vaudoise. Pour Jean-Paul Jubin, secrétaire général du DFJC, qui dirige le comité de pilotage de SIEF, les établissements pourront faire appel à leur «plans B», comme des applications capables de gérer certaines données séparément. Quant à savoir qui, du concepteur ou du canton, porte la responsabilité de ce gâchis à 7 millions de francs, l'audit le déterminera également.

Tasha Rumley

Rédigé le 01 octobre 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le nez dans les étoiles

Sat_1

A l'écran, le compte à rebours indique: - 00 00 40 12. Ce mercredi 23 septembre à 7h40, dans la salle polyvalente de l'EPFL, une foule attend avec impatience le lancement de la fusée PSLV C-14. Celle-ci doit décoller dans un peu moins de trois-quarts d'heure de la base spatiale de Sriharikota (est de l'Inde), à 8000 kilomètres de Lausanne.

Au 4e étage de ce monstre de 44 mètres de haut, pesant 230 tonnes, se trouve le minuscule Swisscube (voir photo), le premier satellite entièrement conçu et réalisé en Suisse. Cet objet de 820 grammes, mesurant 10x10x10 cm, a été fabriqué par plus de deux cent étudiants et chercheurs, travaillant dans huit hautes écoles différentes.

Trois ans et demi de travail intense, pour vivre ce moment.

Le projet est né en 2005 à l'EPFL. Le professeur Herbert Shea et le Space Center s'intéressent aux minuscules CubeSat, qui se répandent depuis la fin des années 90. Un standard (1 kilo maximum, 10x10x10 cm, pas de dispositif pyrotechnique ni d'électronique pendant le décollage), né à Stanford, se répand. Aujourd'hui, plus de 40 de ces objets ont été lancés, avec des succès divers.

Ces engins constituent surtout de formidables outils pédagogiques. Fabriquer entièrement un satellite, en observant les très strictes procédures imposées par les lanceurs, est un défi pour des étudiants.

Maurice Borgeaud, directeur du Space Center de l'EPFL, rappelle quelques faits. Swisscube, dont la mission devrait durer de 3 à 6 mois (mais peut-être tiendra-t-il un an!), volera à 720 kilomètres d'altitude, à 28 000 kilomètres/heure. Il fait le tour du globe en 99 minutes. Sa puissance d'émission n'est que de 1,5 Watt. Il fonctionne à l'énergie solaire, chaque face du cube étant garni de cellules photovoltaïques. Pour parler de sous: le projet a coûté 530 000 francs, dont 110 000 rien que pour le lancement.

Alors que le compte à rebours affiche - 00 00 28 13, la cheffe de projet Muriel Noca indique que plusieurs versions du satellite ont été testées. Il doit répondre à des normes strictes en matière de résistance aux contraintes thermiques, aux radiations et aux vibrations subies lors du lancement.

Autre contrainte: s'adapter au calendrier académique. En effet, les étudiants ont souvent travaillé sur Swisscube dans le cadre de leurs projets de masters, et sur des aspects très différents. Ce qui a exigé un intense travail de coordination. Outre l'EPFL, l'école d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg, la Haute école ARC, la Haute école d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud, l'université de Neuchâtel, l'université de Berne et la Fachhochschule Nordwestschweiz! Là-dessus, l'industrie spatiale suisse (Ruag) et l'ESA ont effectué des revues régulières, afin d'assurer la réussite du projet!

Airglow

A quoi va-t-il servir?

A observer l'airglow (photo), un phénomène qui se déroule à environ 100 km d'altitude (voir photo). Cette lumière verte "est due à la recombinaisons d'atomes d'oxygène", explique Muriel Noca. Pendant le jour, les rayons du soleil cassent les liaisons existantes entre les duos d'atomes d'oxygène (O2). Pendant la nuit, ces derniers se recollent entre eux. A ce moment, des photons sont émis, entre le vert et l'infrarouge proche (550 à 767 nm).

Swisscube est équipé d'un petit télescope (de 5 cm) qui va prendre des images de ce phénomène. "Il va compter les photons qui proviennent de la recombinaison", explique Muriel Noca. Une information ensuite transmise à la Terre. Deux stations de base, l'une à Fribourg, l'autre à l'EPFL, devraient capter et traiter les signaux émis. L'airglow est un phénomène étudié depuis le sol, mais très peu depuis l'espace, ce qui motive l'intérêt scientifique du projet.

A l'écran, les images du centre spatial indien sont retransmises par IBN (CNN). L'Inde est devenue une puissance spatiale: presque tous les lancements de la PSLV ont été réussis. La fusée rouge et blanche ne transporte évidemment pas seulement l'engin helvétique. Il porte surtout OceanSat2 (970 kilos) et 3 autres CubeSat (deux allemands et un turc).

Pslv-launch-23909313

A 8h21, le décollage a enfin lieu, avec le fameux compte à rebours "three... two... one". Rapidement, le lanceur disparaît dans le ciel. Recevant les informations directement d'Inde, Muriel Noca explique que tout se passe bien, que les étages de la fusée se séparent correctement. L'émotion est grande à l'EPFL! A 8h27, l'engin vole à 2,7 kilomètres par seconde. A 8h37, le dernier étage se détache, 6,4 km/s. A 8h40 enfin, les nanosatellites sont éjectés les uns après les autres. Swisscube sort en dernier à 8h42: c'est fait, la Suisse a son satellite. La vingtaine de membres de l'équipe présents, vêtus de pulls rouges, expriment leur joie.


Quelques images prise dans la salle après le lancement

Sc1 Sc2
Sc3

Sc4


Guillaume Roethlisberger, jeune ingénieur qui a travaillé sur le projet pendant trois ans, est soulagé. Pendant le lancement, on ne contrôle rien, rappelle-t-il.

En attendant de recevoir les premiers signaux en provenance du satellite, une visite de laboratoires est organisée. L'occasion de voir des lieux méconnus de l'EPFL, comme l'atelier où la structure du satellite a été réalisée. A partir d'un cube d'aluminium de haute qualité pesant 4,8 kilos, une machine de 18 tonnes a produit un cadre de ... 93 grammes! Des pièces en titane ont également été usinées sur place.

Sc5La structure de Swisscube, en alu

A 9h38, surprise: le signal d'identification du satellite, en morse, a été capté par Cal Poly, en Californie! Ecoutez le mp3. On attendait des nouvelles plus tard, depuis l'Afrique du Sud. L'engin n'avait pas encore fait une fois le tour de la Terre: pendant que nous parcourions les laboratoires (et les couloirs sans fin du Poly), il survolait l'Antarctique, puis le Pacifique.

Sc7 Antenne pour communiquer avec le satellite (réception-émission)

Lors de la conférence de presse qui a suivi, Adrienne Corboud Fumagalli, vice-présidente de l'EPFL pour l'innovation et la valorisation, rappelle que l'industrie spatiale suisse affiche un chiffre d'affaires de 250 à 350 millions de francs par an. Que Swisscube possède une forte portée symbolique, vis à vis de l'ESA.

Juan Mosig, président du comité de pilotage du Space Center de l'EPFL, se réjouit de voir dans la salle "ces étudiants qui sont les ingénieurs du spatial suisse de demain."

Daniel Neuenschwander, directeur du Swiss Space Office, rappelle que la Suisse figure parmi les membres fondateurs de l'ESA (1975) et que notre pays vise un rôle de premier plan dans le domaine spatial.

Marie-Thérèse Ivora, directrice de Ruag Aerospace site de Nyon, envie les jeunes qui ont participé à l'aventure Swisscube. "Nous avons ici des étudiants possédant une formation idéale pour nous, une formation qui n'existait pas avant. Nous allons engager du monde".

Jean-Luc Moner-Banet, directeur de la Loterie Romande et sponsor, explique que c'est lors du Forum des 100 2008, organisé par L'Hebdo, qu'il a assisté à une conférence sur Swisscube donnée par Muriel Noca. Le projet cherchait du financement... qu'il a trouvé suite à leur rencontre. Aujourd'hui, le logo de la LoRo figure sur le satellite, ce qui a fait dire à Jean-Luc Moner-Banet qu'elle était la première loterie dans l'espace.

Pour l'avenir? Placer la Suisse dans un marché de niche, les satellites de 10 à 20 kg de charge utile. Des engins plus puissants que Swisscube. Travailler avec la World Meteorological Organization (WMO), basée à Genève, sur les changements climatiques.

Aujourd'hui, dans le monde, plus de 40 CubeSat sont en préparation. L'aventure spatiale continue.

PS: pour le suivi de la vie quotidienne de Swisscube, au-dessus de nos têtes, c'est ici: http://swisscube.epfl.ch/

MàJ 23.9.2009 - 16h19

Rédigé le 23 septembre 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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