En octobre 2007, le chef du groupe PDC Urs Schwaller lançait dans "L'Hebdo" un ultimatum à l'UDC et à son conseiller fédéral Christoph Blocher. Soit vous vous pliez à la concordance au sein du Conseil fédéral sur quatre points essentiels, soit le PDC ne vous réélira pas le 12 décembre prochain.
Ces quatre exigences portaient sur un soutien à la voie bilatérale dans la question européenne, à l'assainissement de l'assurance invalidité, à l'allègement fiscal des familles et à l'équilibre des finances. Lors de son hearing au PDC, Christoph Blocher avait ignoré l'avertissement et n'avait fait aucune promesse. Une grave erreur qui lui avait coûté sa réélection.
Ironie du destin: deux ans plus tard, c'est le Parti socialiste suisse (PSS) qui use de la même tactique pour faire pression sur Urs Schwaller, désormais candidat au Conseil fédéral. Son président Christian Levrat pose quatre conditions: une relance de la question de l'adhésion à l'Union européenne (UE), une politique climatique plus ambitieuse, un subventionnement de 500 millions pour alléger les primes de l'assurance-maladie et une flexibilisation de l'âge de la retraite.
"C'est de bonne guerre", commente le président du PDC Christophe Darbellay. Evidemment, le candidat Schwaller n'a pas intérêt à bouger d'un iota. Il est eurosceptique au point de ne pas soutenir le rythme de sa propre conseillère fédérale Doris Leuthard, qui a enclenché le turbo pour passer un accord bilatéral de libre-échange agricole avec Bruxelles.
En revanche, si l'Union européenne dit "oui" à une politique climatique plus ambitieuse, soit une réduction de 30 % des émissions de CO2 pour la période 2013 – 2020 (au lieu de 20 % seulement), alors le PDC, Urs Schwaller et tout le Conseil fédéral suivront. C'est la politique – ambiguë – de tout l'establishment helvétique.
Pour Urs Schwaller, l'heure des engagements est venue, mais pas là où l'on pense. Le Fribourgeois sait qu'à gauche, il ralliera environ 80 % des suffrages, mais pas plus. Comme il est sûr de faire le plein au PDC, il lui manque une quinzaine de suffrages à l'UDC et au Parti démocratique bourgeois.
C'est bien là qu'Urs Schwaller doit rassurer. Avec son profil de bon père de famille – trois enfants éduqués, pas de divorce - se levant aux aurores, son image de Fribourgeois bilingue érigeant des ponts au-dessus de la Sarine, il incarne la Suisse des traditions. Pour ne pas dire la Suisse rurale qu'il est prêt à ménager dans l'accord agricole, au détriment des consommateurs urbains.
Impossible qu'une poignée au moins de paysans UDC y soient insensibles, malgré le 12 décembre 2007... (Michel Guillaume)
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