La classe!

L'accueil de jour fait les frais des rivalités de partis

C'est cette semaine que se dessine l'accueil de jour des enfants à Genève. Les 25 et 26 juin, le Grand Conseil débattra d'une initiative radicale qui oblige le canton et les communes à offrir des places à tous les enfants scolarisés dans le public, dont les parents travaillent. Pour l'instant, le GIAP (groupement intercommunal pour l'animation parascolaire) regroupe les offres des communes et se pose pour objectif de répondre à toutes les demandes. "Les manques sont infimes à Genève et y pallier n'engendrerait pas d'énormes coûts, assure Jacques Follonier, radical président de la commission de l'éducation au Grand Conseil. Mais le système arrive à saturation, il y a des listes d'attentes. Nous sommes en avance sur les autres cantons, mais nous devons assurer l'offre dans l'avenir en l'inscrivant comme devoir dans la Constitution."

Si l'initiative déclenche un enthousiasme de principe, elle a pourtant été blackboulée en commission, par la gauche et le PDC. En cause? Le devoir de "tenir compte des besoins pédagogiques, artistiques et sportifs des enfants" inscrit dans le texte. "C'est illusoire!, dénonce Sylvia Leuenberger. Ce texte veux faire croire que l'on pourrait offrir cela aux enfants, mais ca coûtera bien plus cher. Il trompe les gens, ou alors, il faudra faire payer les parents." Un contre-projet pourrait émerger, que les radicaux soupçonnent d'être équivalent à leur initiative et d'avoir pour seul but de leur ôter la paternité du projet. Regard envieux sur le canton de Vaud, où la même initiative des radicaux-libéraux a été présentée comme initiative parlementaire par les socialistes, assurée d'un soutien presque unanime.

Dans le même temps, un front de la gauche a déposé le 22 juin les 14 804 signatures d'une initiative dans le même esprit. "Pour une véritable politique d'accueil de la petite enfance" veut inscrire le droit à une place de crèche dans la Constitution. Ainsi, si les deux textes étaient acceptés, ils assureraient un cursus complet à l'enfant, du bébé à l'ado. Les Genevois pourraient être amenés à se prononcer sur ce texte d'ici deux ans. Pour l'instant, la droite n'a pas encore pris position. Saura-t-elle résister à l'envie d'une revanche en bloquant à son tour l'initiative sur les tous petits?

Tasha Rumley

Rédigé le 23 juin 2009 dans Ecole obligatoire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Un sweat-shirt pour l'Université de Genève

A6 C'est le Journal de l'université de Genève (UNIGE) qui nous l'apprend: deux étudiants ont créé un sweat-shirt aux armes de la haute école. Il fait immédiatement penser à ceux que l'on voit sur les campus américains ou anglais. Vendu 49 francs, il existe en bleu foncé ou en bordeaux.

L'idée ne vient pas de l'UNIGE, mais est le fruit d'une initiative personnelle. Le 29 mai, entretien avec Philippe Labouchère, 22 ans, diplômé en physique (master) et cocréateur de l'objet avec Edouard de Weck, 25 ans, étudiant en physique. Le premier a étudié à Stockholm, le second a passé une année en échange à Singapour. "Ces deux universités proposent ce produit, c'est ce qui nous a amené à reprendre l'idée en Suisse", indique Philippe Labouchère.

"Cela fait quatre jours que nous le vendons sur un stand dans le hall d'Uni Mail. Les petites tailles, S et M, marchent bien. Le succès dépasse nos attentes: nous en avons vendu plus de 200, et il y a 150 précommandes. Nous pensons à relancer la production."

"Nous voulions nous lancer dans l'entrepreneuriat. Nous avons tout fait de A à Z. Trouver les fonds personnellement, reçu un octroi de la part d'un organisme de micro-crédit, qui a accepté notre projet, nous avons contacté des graphistes, mis en place un site internet, mis en place la vente, collaboré avec le service de presse de l'UNIGE pour les autorisations, fait un business plan, une étude de marché..."

Rédigé le 02 juin 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Elisabeth Baume-Schneider à la tête de la CIIP

La conseillère d'Etat jurassienne en charge de la formation prend la présidence de la CIIP, la conférence latine des chefs de l'instruction publique. Elle succède à Anne-Catherine Lyon (VD).

De plus, la convention scolaire romande sera alignée sur HarmoS, les deux accords sont applicables dès le 1er août 2009.

Rédigé le 28 mai 2009 dans Ecole obligatoire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Nouvelle présidente pour le Conseil des HES

La conseillère d'Etat vaudoise Anne-Catherine Lyon a été nommée présidente du Conseil suisse des hautes écoles spécialisées. La socialiste est déjà présidente du comité stratégique de la HES-SO. Le vice-président est Bernhard Pulver, conseiller d'Etat bernois (Verts).

Le CHES est l'organe stratégique de la collaboration intercantonale sur toutes les questions politiques liées aux HES et l'organe de pilotage des hautes écoles pédagogiques (HEP). Il collabore avec la Confédération, la Conférence universitaire suisse, les conférences des recteurs (HES et HEP) et d'autres partenaires.

Rédigé le 28 mai 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le poids du privé

En complément de l'article paru dans L'Hebdo du 28 mai 2009

Le 18 mai 2009, l'Association genevoise des écoles privées (AGEP) présentait à la presse l'étude "les écoles privées genevoises: un atout pour Genève".

Ce document, commandité à Wolf Zinkl de COGIT SA et pas encore accessible au grand public, fait le topo du poids économique des établissements privés.

Voici quelques extraits de ce rapport, ainsi que deux entretiens avec des directeurs d'écoles privées.

"Une analyse de l’évolution de l'enseignement à Genève au cours de dernières années 2000-2007 montre que le nombre des effectifs totaux dans l’enseignement à Genève augmente pour les formations allant de l’enseignement préprimaire à l’enseignement dans le secondaire II (CITE 0-3 dans la classification de l’UNESCO) pour passer de 70'893 (2000) à 79'184 (2007) élèves, soit une progression totale de + 11.7%. Au cours de la même période, l’augmentation proportionnelle des élèves est cependant nettement plus forte dans l’enseignement privé (+40.2%) que dans l’enseignement public (+8.1%). Ainsi fin 2007, à Genève 11'156 élèves fréquentaient une école privé genevoise pour des formations allant de l’enseignement préprimaire à celui dans le secondaire II, soit 14.1% du total de tous les effectifs dans ces formations à Genève. L’enseignement privé à Genève est donc significatif. Genève est la région de Suisse qui possède à la fois un des plus grands nombres d`écoles privées (43 écoles privées sont affiliées à l’AGEP) ainsi que la plus grande proportion d’élèves et le plus d’effectifs dans l’enseignement privé."

"Dans le cadre de leur fonction d’agent économique, pour les formations allant de l’enseignement préprimaire à l’enseignement dans le secondaire II (CITE 0-3), les écoles privées genevoises ont produit un impact économique quantitatif financier d’environ CHF 345.6 Mio. à Genève en 2006. Et si l’Etat à Genève avait repris l’enseignement privé des écoles privées genevoises pour ces formations (CITE 0-3) aux mêmes conditions qu’il applique pour l’enseignement public, cela lui aurait coûté théoriquement CHF 198.6 Mio. en 2006."

1) Entretien avec Alain Moser, directeur général de l'école Moser.

Quelles conséquences attendez-vous de la publication de cette étude?

Les conditions-cadres devraient être revues pour l'enseignement privé. Les tracasseries administratives sont assez lourdes quand vous voulez ouvrir une école sur le territoire genevois. De plus, on sent qu’il n’y a pas de volonté politique réelle des communes où les écoles s’installent de trouver des solutions rapides et simples. Nous souhaitons négocier les droits de superficie.

D'autres pistes?

"En échange" de cette économie de 200 millions de francs réalisée par l'Etat, il pourrait être intéressant d'obtenir une aide publique pour la rénovation ou la mise en conformité des bâtiments des établissements privés. A Berlin, (où l'école Moser compte 150 élèves), les autorités viennent de débloquer 10 millions dans ce but. Si une école présente un projet sérieux, qu'elle soutient à raison de 30 % des coûts, pour améliorer le bâtiment au niveau écologique, l’Etat entre en matière pour un soutien. Enfin, il y a les questions fiscales...

C'est à dire?

Est-il normal qu’une école privée soit taxée comme une entreprise de construction ou une banque qui a pour projet de réaliser des bénéfices? Si on fait des bénéfices, on paie des impôts, ce qui nous empêche de réinvestir dans notre outil de production.

Cette étude est-elle le cheval de Troie du chèque éducation?

Non. Elle a pour but de faire prendre conscience aux Genevois et aux politiciens de toutes tendances que l’enseignement privé est un bien commun, une valeur ajoutée pour le canton. Au même titre qu’il y a des musées privés et publics, et que la culture améliore la qualité de vie et d’accueil, nous aimerions que l’enseignement privé soit perçu de cette manière. L'Etat est doublement gagnant, nous ne coûtons rien et nous lui permettons de faire des économies, il n'y a donc aucune raison de son point de vue de changer quoi que ce soit. Cette situation ne peut plus durer. Mon père, Henri Moser, avait émis une autre idée: créer une fondation, dotée d'une part minuscule (1 %) de l'argent économisé par l'Etat.

A quoi servirait-elle?

Aider les parents qui en ont besoin à payer les écolages de leurs enfants scolarisés dans le privé. Je parle de montants très raisonnables.

Et du côté des banques?

L'accès au crédit pour les écoles privées, c’est compliqué. Pour elles, nous figurons dans la même catégorie de risque que les restaurants et les hôtels! Malgré nos listes d’attente impressionnantes, nous avons des ratings mauvais. Un cautionnement de crédits par l’Etat, pour certaines écoles qui ont pignon sur rue, serait une reconnaissance du travail que l’on fait.

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2) Entretien avec Norbert Foerster, président de l'AGEP, directeur de l'Institut International de Lancy (1275 élèves et étudiants)

"Nous ne voulons pas de subventions directes. Mais les investissements consentis par les écoles privées membres de l'AGEP, dans les 7 dernières années, ont dépassé les 100 millions de francs. Sans aucune contribution de l'Etat. Or, nous formons un secteur très important pour l'économie à Genève. Nous ne connaissons pas de crise, nous embauchons du personnel et des professeurs."

"Il était pour nous très important de mesurer l'impact des écoles privées. Cette étude donne un ordre de grandeur: il s'agit plutôt d'une estimation basse. En effet, l'enquête ne prend pas en compte les élèves en dessous de 4 ans et les universités privées, puisque le SRED ne donne pas de chiffres précis à ce sujet."

"Cette année, nos listes d'attente sont encore plus longues que l'an passé. Il n'est pas possible de donner un chiffre, car de nombreux parents inscrivent leurs enfants dans plusieurs écoles."

"Nous arrivons aujourd'hui a un seuil. Pour aller plus loin dans le développement des écoles privées, il faudra un soutien significatif de l’Etat, afin de réaliser les investissements nécessaires. On ne parle pas de 2 ou 3 classes à ouvrir, mais 3000 élèves de plus, donc 150 classes! C’est une tout autre dimension. Ce serait une vraie aide d'obtenir des droits de superficie, qui allègent nos investissements."

Rédigé le 28 mai 2009 dans Ecoles privées | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Au Salon de l'étudiant II

22 avril, Palexpo. Ce mercredi après-midi, de nombreux enfants courent dans les halles de Palexpo, participant à la Chasse au trésor. Certains stands d'exposants au Salon de l'étudiant visent précisément ce public.

Ainsi, l'Université de Lausanne propose une authentique scène de crime, entourée des fameuses bandes jaunes: "police line - do not cross". Les visiteurs cherchent à trouver le coupable d'un meurtre: la forme du corps de la victime, tracée au sol, atteste du délit. Par cette mise en scène, il s'agit de faire ainsi la promotion des "Mystères de l'Unil", qui auront lieu les 16 et 17 mai. Deux jours d'enquêtes avec les experts de la police criminelle, sur le campus, qui remportent toujours un grand succès populaire.

Misant sur l'astronomie, l'Université de Genève fait un carton, grâce à son cinéma présentant des films en 3D sur l'univers.

Sur le stand de l'Ecole hôtelière de Genève, rencontre avec Philipp Wach, responsable marketing et professeur. "Nous venons pour la 3e année. Les parents prennent des informations sur l'école, et cela produit de bonnes retombées. Choisir une école hôtelière ne se fait pas en une fois. Il s'agit d'un premier contact." Et la crise? "Nous n'en sentons pas les effets, sauf du côté de l'organisation d'événements pour les sociétés. Les entreprises sont également plus sélectives pour les stages." Les effectifs? "Notre semestre de printemps est complet, et nous avons déjà des inscriptions pour l'automne. Nous avons remarqué un changement démographique: les femmes sont désormais majoritaires parmi les étudiants. Les étrangers, en provenance de pays situés hors de l'UE, rencontrent des problèmes pour obtenir des visas." Un problème également connu pour les doctorants, à l'EPFL.

2 

Université de Lausanne

4 

Université de Lausanne

3 

Université de Genève

8 

Haute école spécialisée de Suisse occidentale


Rédigé le 27 avril 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Au Salon de l'étudiant

LHGE2009_01_0001_0001_COVER Du 22 au 26 avril, Palexpo abrite le Salon de l'étudiant. Une quarantaine d'exposants présenteront leurs formations. Les grandes institutions (UNIGE, EPFL, UNIL, UNINE et HES-SO) seront présentes, mais également de nombreuses écoles privées, spécialisées dans les cours de langue ou la formation continue.

Un accent particulier est mis cette année sur les enfants, afin de leur donner envie de faire, plus tard, des études.

Sur place, les visiteurs reçoivent un joli Guide du Salon du livre, et au verso, donc tête-bêche, se trouve un Guide du Salon de l'étudiant.

Rédigé le 21 avril 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Un nouveau bâtiment pour la Haute école de gestion Arc

A Neuchâtel, la Haute école de gestion tricantonale Arc, qui forme de futurs bacheliers en informatique de gestion ou en économie d'entreprise, des masters ainsi que des postgrades, vient d'emménager dans un bâtiment tout neuf, long de 180 mètres, tout près de la gare. Son coût: 38 millions.

Les locaux se situent à l'Espace de l'Europe 21, non loin de l'Office fédéral de la statistique. 722 étudiants de la HEG-Arc sont concernés, ainsi que des élèves de la Haute école de musique genevoise (une antenne locale) et ceux du Conservatoire neuchâtelois.

La cérémonie d'inauguration aura lieu le 15 mai, et une journée portes ouvertes le 16 mai.

Non loin, le TransEurope, encore à construire, abritera les filières ingénierie et santé de la Haute école Arc dès 2011. A terme, la HE-Arc sera donc regroupée sur un site unique à Neuchâtel, comme il en a été décidé le 18 janvier 2008.

Rédigé le 20 avril 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Shoot 'em up!

Elena Nuzzo, du comité exécutif de l'Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES), informe les médias d'un jeu disponible sur le site de la NZZ.

Il s'agit de courir dans les couloirs d'une université, en ramassant le plus possible de points ECTS possible en un minimum de temps. Pour gagner l'un des nombreux lots offerts (dont un "Business-Tag KPMG), il faut par exemple éviter de percuter des professeurs (qui vous parleront et vous feront perdre du temps) et les équipes de nettoyage.

L'UNES rit jaune et en profite pour indiquer que "Le sarcasme de la NZZ n'est vraiment pas déplacé dans le contexte actuel. Dans une période où le nombre d'étudiant-e-s ne cesse d'augmenter, les universités font souvent la une en atteignant des records de sous-encadrement dans les facultés les plus fréquentées, les sciences des médias à Bâle et à Berne en étant les exemples les plus effrayants. L'université de Zurich ne sait pas où entasser ses étudiant-e-s pour les examens, et les facultés de médecine prolongent le numerus clausus. Le trend est univoque et se renforce: étudier sans penser, apprendre sans rechercher, et une formation universitaire comme une autoroute à voie étroite pour achever un Bachelor au plus vite et pouvoir être engagé-e dans des grandes entreprises."

Rédigé le 16 avril 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Bachelors au boulot, masters au labo

Par Mehdi Atmani, paru dans L'Hebdo du 19 février 2009

Surprise dans les universités. Plutôt que de prolonger leur cursus, des étudiants en sciences économiques et humaines entrent dans le monde professionnel.

Qui veut faire cinq ans d’études pour obtenir un master? «Pas nous!» pourraient répondre les étudiants en sciences économiques et en sciences humaines. Selon le dernier sondage mené conjointement par la Conférence des recteurs des universités suisses (CRUS) et l’Observatoire de la vie étudiante de l’Université de Genève, seuls 69% des étudiants de ces filières poursuivraient leur formation jusqu’au master, contre plus de 90% des futurs médecins et ingénieurs.

Arrêter ses études après trois ans, bachelor en poche, c’est bien, mais pour aller où? Sur le marché du travail pardi: «On nous engage facilement», explique Céline, étudiante en lettres de 21 ans à l’Université de Genève (UniGE).Une fois son bachelor obtenu, la jeune femme quitte le cursus pour le monde professionnel. Les exemples de ce type sont courants.

De quoi inquiéter les recteurs des universités romandes, qui présentent du 2 au 6 mars leurs programmes de masters? Que nenni! «Le nombre de bachelors qui poursuivent leur formation jusqu’au master est extrêmement réjouissant», relève Dominique Arlettaz, recteur de l’Université de Lausanne. Un constat partagé par ses homologues romands, qui enregistrent une affluence dans leurs filières de masters tout aussi satisfaisante, soit plus de 80%.

Dix ans après la signature des accords de Bologne, le spectre de la désaffection des rangs au niveau master semble s’éloigner, même si le secrétaire d’Etat à l’éducation et à la recherche, Mauro Dell’Ambroggio, reconnaît «que nous n’avons pas le recul nécessaire».

Son prédécesseur Charles Kleiber, signataire des accords de Bologne en juin 1999, avoue volontiers qu’il n’a pas été facile de faire comprendre aux recteurs des universités la nécessité des bienfaits de cette réforme. En cause, la nouvelle structuration des études en deux volets bien distincts, soit trois années sanctionnées par un bachelor, puis deux années supplémentaires pour l’obtention d’un master: «Les recteurs craignaient que l’on s’achemine vers une formation au rabais et que, par conséquent, les étudiants quittent le cursus universitaire après seulement trois ans», explique-t-il.

Les chiffres cachent une autre réalité: la grande différence existant entre les différentes facultés. La médecine et le droit par exemple ne sont pas touchées par le phénomène, à l’inverse des sciences humaines et économiques. L’explication est simple: «Mon bachelor en lettres ne me permet pas de sortir de l’université avec un métier précis, au contraire d’une voie professionnalisante comme la médecine, ajoute Céline. J’estime avoir acquis les compétences et la culture générale nécessaires pour travailler.»

Prônée par les accords de Bologne, cette ouverture enchante Charles Kleiber: «La structure du système telle qu’elle est aujourd’hui me paraît correcte, ajoute l’ancien secrétaire d’Etat Suisse. Elle répond à mes vœux lors de la signature des accords en juin 1999. Aujourd’hui, l’étudiant a le choix de mener sa formation comme il l’entend.» «C’est toute l’ambiguïté de Bologne», reconnaît Philippe Terrier, vice-recteur de l’Université de Neuchâtel.

Cette liberté de choix plaît à certains jeunes en formation, mais du point de vue des universités, il est naturel de se prémunir contre les désaffections, puisque c’est sur la base de leur nombre d’étudiants respectifs que les hautes écoles reçoivent les subventions de la Confédération. Mieux vaut donc ne pas laisser s’enfuir les bachelors sur le marché du travail: «L’université se doit de préparer à une carrière professionnelle sur le long terme, explique Jean-Dominique Vassalli, recteur de l’UNIGE. Ce n’est pas une voie dont le but premier est d’assurer un métier à court terme.»

Le monde de l’économie en a une vision différente. Député radical au Grand Conseil vaudois, Olivier Feller était un fervent défenseur de la réforme de Bologne. Aujourd’hui, il regrette la tendance des universités à «garder» leurs étudiants et le trop grand optimisme affiché par les milieux économiques de l’époque: «Un bachelor devait être équivalent à une licence. Seuls ceux qui souhaitaient un approfondissement poursuivaient avec un master. Les milieux économiques étaient donc favorables à Bologne, qui devait raccourcir les études. Or, aujourd’hui, on constate que le contraire s’est produit. Au lieu de quatre ans d’études, on en fait cinq! Nous avons retardé l’entrée des jeunes sur le marché du travail, alors que nous avons besoin de leurs compétences, mais aussi de leurs cotisations à l’AVS.»

Un point de vue partagé par economiesuisse qui estime que «la réforme de Bologne n’a de sens que si elle offre une porte de sortie convaincante sur le marché du travail». En 2005, l’association faîtière estimait que 40% des aspirants au bachelor opteraient pour la vie professionnelle. Or, nous sommes encore loin. La faute à qui? A la scolarisation du cursus académique. Malgré le départ de certains étudiants au niveau du bachelor, les études tendent à être plus longues que par le passé! «Cela doit être repensé», note Jean-Dominique Vassalli, recteur de l’Université de Genève.

Un atout pour les entreprises. Responsable des ressources humaines pour la Suisse romande chez KPMG, Rolf Schaller recrute essentiellement des bachelors et, ce pour plusieurs raisons: «Nous sommes actifs dans des domaines très spécifiques de la finance et de la comptabilité. Or, il n’y a pas assez d’étudiants qui sortent des universités avec un master spécialisé dans nos activités. Nous comblons ainsi notre demande, en engageant des bachelors. Ces derniers ont certes des connaissances plus générales, mais nous les formons spécifiquement dans nos secteurs d’activités.» Une politique qui porte ses fruits, puisque KPMG reçoit beaucoup de demandes de la part des étudiants en sciences économiques. A la Banque cantonale vaudoise, on adopte la politique inverse. «Les masters sont plus intéressants, car mieux spécialisés», explique Antoni Gori, responsable de la formation à la BCV.

Une bonne nouvelle pour Carlo, un étudiant en HEC qui compte postuler à la BCV, dès l’obtention de son bachelor en juin prochain. Malgré la crise, il se veut optimiste: «Il y a de la place et on est bien plus rentable sur le marché, sourit-il. En cas de pépin, j’ai une porte de sortie... Le master!»

Rédigé le 24 février 2009 dans Bologne, la rogne | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Les gymnasiens dans les HES

La newsletter Panorama, éditée par le CSFO, est une mine d'or. Dans sa dernière livraison, on trouve un entretien avec Urs Kiener, chercheur en sciences sociales. Il relève que contrairement aux idées reçues, la part des titulaires de maturités gymnasiales augmente dans les HES. Alors que l'on pensait que la "matu pro" était la voie d'accès classique pour ces hautes écoles. Extraits.

"35.2% seulement des personnes qui entreprennent des études de bachelor dans une HES (en incluant les HEP) sont au bénéfice d'une maturité professionnelle qui autorise leur admission. Dans les domaines relevant traditionnellement de l'OFFT - technique, économie, design (TED) - la part est aussi inférieure à 60% et elle n'a jamais été supérieure."

Une question intéressante: les HES sont-elles la deuxième chance des étudiants qui échouent à l'uni?

"Selon les estimations, un tiers des étudiants titulaires d'une maturité gymnasiale étaient auparavant immatriculés dans une haute école universitaire. On ne connaît guère les raisons de ce changement. De toute manière, je mettrais en doute le fait qu'il ne s'agisse que d'étudiants en situation d'échec à l'université."

L'entretien au complet

Rédigé le 19 février 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

L'ingénieuse vient de paraître

La 6e édition d'ingenieuse.ch tombe dans les boîtes aux lettres électroniques. Cette revue, dirigée par Sylvie Villa (responsable du domaine des sciences de l’ingénieur-e à la HES-SO), cherche à montrer les domaines techniques sous un jour intéressant pour les jeunes femmes.

Dans la dernière livraison, un long reportage présente un voyage réalisé au Maroc par des étudiantes qui se destinent à une formation en ingénierie. Films, photos, portraits: un dossier très complet et  étonnant sur les enjeux de la gestion de l'eau.

Rédigé le 13 février 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

900 000 francs pour les étudiants

Cadolles Un don important de la Loterie romande va permettre la rénovation extérieure de la Tour des Cadolles, à Neuchâtel.

Près d'un million de francs: tel est le cadeau de Noël offert par la Loterie romande à la société Cité Al'FEN. Cette dernière, qui appartient à la Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN), gère quatre bâtiments à Neuchâtel. Parmi eux, la Tour des Cadolles et ses 14 étages, dont elle est propriétaire. «Cette somme nous permettra d'assainir ce bâtiment sur le plan énergétique», se réjouit Baptiste Hurni, 22 ans, président du conseil d'administration. Des travaux nécessaires, puisque l'immeuble a été bâti en 1965.

La nouvelle isolation, qui devrait être achevée au printemps 2009, modérera les charges des locataires, pour l'essentiel des étudiants de l'Université ou de la Haute école ARC. A l'intérieur de la tour, outre quatre étages d'appartements de bon standing, on trouve 72 chambres rénovées de frais, équipées pour l'internet sans fil et louées entre 465 et 495 francs par mois, chauffage et blanchissage compris.

L'innovation, c'est également une société à but non lucratif, pilotée par des étudiants pour loger les étudiants. «Un modèle unique en Suisse», note Baptiste Hurni, également député socialiste au Grand Conseil neuchâtelois. Le jeune universitaire souhaite que des initiatives du même genre naissent ailleurs en Suisse. «Avec ce système, on ne perd jamais de vue le but, qui est d'offrir des logements le meilleur marché possible aux étudiants.»

Rédigé le 08 janvier 2009 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le "Guide de étudiant" est paru

CoverOffert avec L'Hebdo du 21 août, et vendu trois francs en kiosque. Au sommaire:

- Créer son entreprise pendant ses études

- Recherche, un penchant pour l’empathie à l'Université de Genève

- Se former à la psychologie

- Etudier le sport

- Reportage au pays des raisins, à Changins (VD)

- Portraits de trois étudiants hors du commun

- Demain, une société sans scientifiques

- Entretien avec Martine Rahier, rectrice de l'Université de Neuchâtel

Rédigé le 21 août 2008 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Carton rouge

Séminaires à l’université
Profs et étudiants, chacun s'ennuie

L’ennui gagne les auditoires de l’université! Survivances de Mai 68, les séminaires n’intéressent plus les étudiants. Conçu à la base pour que ces derniers participent à l’enseignement académique, cette sorte d’exposé-discussion a connu son heure de gloire. Mais voilà, tout passe, et le séminaire est devenu une simple présentation, parfoismal faite, par des étudiants qui n’ont plus envie d’intéresser leurs pairs. Quant aux professeurs, ils rendent ces enseignements obligatoires au lieu de les faire plus dynamiques. Ils semblent oublier la vague soixante- huitarde sur laquelle ils surfaient durant leurs études. L’actuel processus de Bologne n’arrange pas les choses. Et s’il fallait la preuve de la mélancolie qui gagne souvent l’assistance, on remarquera que même certains profs ont les paupières bien lourdes quand ils écoutent leurs étudiants. Décidément, avec l’âge, on est fatigué d’entendre toujours la même chose.

Par Mathieu Signorell, étudiant à l’Unil,membre de L’auditoire, le journal des étudiants de l’Université de Lausanne

Paru dans le Guide de l'étudiant d'août 2008

Rédigé le 21 août 2008 dans Hautes écoles | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

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