Dans son édition du 30 janvier 2008, Bilan se lance dans un plaidoyer pour l'introduction du "bon scolaire".
Le principe, selon le magazine:
L’idée est simple: l’Etat calcule un forfait par enfant et le verse à chaque établissement en fonction du nombre d’élèves inscrits. Toutes les écoles sont logées à la même enseigne, y compris les écoles privées, pour autant qu’elles acceptent d’ouvrir leurs portes à tous, sans demander de frais d’écolage. Les écoles élitaires, comme le Rosey à Rolle ou l’Aiglon à Villars, ne seraient pas concernées. En revanche, les établissements Rudolf Steiner ou Montessori, par exemple, pourraient participer au système car le montant du chèque scolaire suffirait à couvrir leurs charges. Elles deviendraient ainsi, de fait, des écoles parapubliques.
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Le chèque scolaire est un forfait correspondant au prix moyen d’un élève à l’école publique durant un an. Pour le canton de Vaud, ce sont quelque 11 000 francs au niveau de l’école primaire, 15 000 francs au degré secondaire et 16 000 francs par an pour le secondaire supérieur. Selon le modèle proposé par Lobby Parents, cet argent serait versé à chaque école – étatique ou privée – au prorata du nombre d’élèves inscrits, pour autant qu’elle soit ouverte à tous, sans distinction ethnique, religieuse ou financière. L’Etat serait chargé d’autoriser ces écoles, de définir les conditions cadres et de contrôler leur fonctionnement.
Derrière cette idée généreuse se cache une idéologie libérale toute simple: "l'argent de mes impôts sert à financer une école publique que je n'aime pas. Je veux récupérer mes sous et les investir pour former mes enfants dans les écoles privées concurrentes."
Appliquons ce raisonnement à d'autres domaines:
- "Je n'ai pas de voiture. Or, je paie des impôts qui financent les autoroutes. Je veux récupérer ma part et l'investir dans le secteur concurrent, donc les trains." J'invente le bon "mobilité".
- "Je n'ai pas d'enfants. Or, je paie des impôts pour financer les écoles. Je veux récupérer ma part pour l'investir dans ma propre formation continue." J'invente le bon "formation".
- "Je n'utilise pas les prestations des hôpitaux cantonaux. Or, je les soutiens par mes impôts. En bon libéral, je veux pouvoir investir cette somme dans des cliniques privées concurrentes." J'invente le bon "santé".
Autre objection. Si l'on introduit le bon scolaire, mes impôts financeront les écoles Montessori et Steiner, parmi d'autres. Et si je n'approuve pas leurs principes éducatifs? Je paie quand même! Le problème est simplement déplacé.
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