Entretien avec Jean-Philippe Fages, conseiller VAE de la HES-SO et de l'UNIGE.
"Notre idée consiste à aider les candidats qui souhaitent reprendre des études. Qu'ils soient motivés par une progression dans leur carrière ou pour renforcer leur employabilité, ces personnes ont un souhait d'orientation. Nous les conseillons afin qu'ils choisissent le diplôme qui correspond le mieux à leurs acquis, la filière qui leur sera la plus profitable. Rien n'est automatique ou systématique, mais au contraire, géré au cas par cas."
"Nous faisons valider le choix par un jury, composé en majorité de professeurs (de l'UNIGE ou de la HES-SO selon les cas). Le jury intègre des professionnels extérieurs à la haute école. C'est très important: ces derniers pourront évaluer les compétences métier des candidats."
"Nous accordons ensuite un certain nombre de crédits ECTS aux candidats. Cela va généralement de 60 à 90, avec un maximum de 120. Il reste donc un complément à effectuer car un bachelor requiert 180 crédits."
"La démarche, que nous facturons 1000 francs et qui dure de 6 à 8 mois, coûte bien plus cher. Il s'agit d'un investissement de la part des institutions."
"Attention, pour être admis à la VAE, il faut être admissible dans la haute école ou la faculté. Les règles d'accès ne changent pas."
"Nous n'avons pas d'objectifs chiffrés en termes de nombre de candidats. Nous savons que la demande existe, suite à plusieurs séances d'information. L'UNIGE possède une petite expérience, puisqu'elle a lancé un service de VAE en 2008. Pour l'instant, une dizaine de personnes constituent leur dossier."
"La structure va évoluer. Nous espérons proposer de nouvelles filières. Mais est-ce que les candidats pourront se libérer suffisamment pour suivre les cours? Est-ce que l'offre correspond aux attentes? Un comité de pilotage et de suivi HES-SO-UNIGE a été mis sur pied pour évaluer le dispositif."
"Les étudiants auront un programme allégé, à la carte. Certaines matières leur seront accordées, d'autres devront être rattrapées. Si aucun traitement de faveur ne sera fait, nous souhaitons suivre la réussite de ces étudiants, âgés de 25 ans au moins, dans leur cursus."
"Nous avons encore une conception archaïque de l'enseignement. Nous faisons des études, puis entrons dans la vie active sans retour dans les hautes écoles. Or, la conception récente de la formation tout au long de la vie veut une alternance entre des périodes de travail et des périodes de formation, afin que les personnes restent employables, évoluent avec les nouvelles technologies et restent à jour."
"Nous sommes la seule Université/HES à proposer ce type de service dans la formation supérieure en Suisse."
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