La classe!

Deux fois plus de jeunes sans diplôme post-obligatoire en Romandie

Une brève envoyée par l'Agence télégraphique suisse à l'instant

En Suisse romande, deux fois plus de jeunes qu'en Suisse alémanique ne disposent pas d'un diplôme post-obligatoire six ans après la fin de l'école, selon l'enquête TRansition Ecole - Emploi (TREE). Les chercheurs ont été étonnés par ce résultat.

Ils avancent deux hypothèses: la Suisse alémanique dispose de davantage de formations pour les jeunes sortant des niveaux scolaires inférieurs, a précisé Thomas Meyer, co-responsable de l'étude. Le cheminement entre l'école et le monde professionnel semble aussi plus sinueux pour les jeunes Romands: ils changeraient plus souvent de direction.

Depuis sept ans, les 6000 jeunes qui ont participé à l'enquête PISA en 2000 et ont terminé l'école obligatoire la même année sont suivis dans le cadre de l'enquête TREE. Actuellement âgés de 22 ans, un peu plus de la moitié de ces jeunes gens exercent une activité professionnelle, ont indiqué les chercheurs.

La part des jeunes aux études s'élèvent à un tiers. En comparaison internationale, la Suisse se distingue par un pourcentage assez bas de jeunes en formation et un pourcentage plutôt élevé de jeunes actifs sur le plan professionnel.

En 2006, seuls 40% des jeunes sondés de 22 ans avaient quitté le foyer parental. Les jeunes femmes sont plus enclines à s'en aller que les jeunes hommes (49% contre 28%).

Rédigé le 22 janvier 2008 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (1)

Au congrès des formateurs

16 Jongny, sur les hauteurs de Vevey. Réunis en congrès, une septantaine de formateurs d'apprentis débattent de l'avenir de la formation duale. Leurs domaines: l'industrie des machines, la métallurgie, l'électricité, l'électronique. Invité par l'association ERFA-L-CH, j'ai pu me glisser dans une salle de séminaire et assister aux travaux pendant plusieurs heures. Voici quelques notes, prises à la volée.

Claude-Alain Bétrisey, de Hydro Exploitation (Sion), évoque le manque d'apprentis polymécaniciens. "Nous devrons faire venir les gens dont nous avons besoin depuis l'étranger. Mais en Suisse, nous devons rester positionnés dans le haut de gamme, le luxe."

La question des directions étrangères de sociétés installées en Suisse se pose. "Comment leur faire comprendre que la formation duale est intéressante et utile? Dans les autres pays, c'est souvent l'Etat qui prend en charge la formation. Ici, c'est un partenariat entre les entreprises et l'Etat", relève un intervenant. Il faut dire que le long terme, pour certains patrons, c'est 12 mois. Or, il en faut 60 pour "sortir" un apprenti: le temps de le trouver et de le conduire jusqu'au CFC! Les formateurs souhaiteraient davantage de soutien du monde politique. "Quand une entreprise s'installe en Suisse, il ne faudrait pas lui parler seulement de fiscalité, mais également de la possibilité de former des jeunes. Mais on ne cause que de l'EPFL..." Un intervenant cite le site d'une medtech de la Côte vaudoise, qui a engagé des apprentis parce que des employés de la région ont indiqué cette possibilité à leur hiérarchie!

La durée de la formation duale fait débat. Pierre Lathuilière, de l'Union Industrielle Genevoise, raconte ceci: "des patrons estiment que quatre ans pour obtenir un CFC, c'est trop long. Pourquoi? Parce que l'entreprise n'est peut-être plus là dans quatre ans!" D'où l'idée de modulariser l'apprentissage. Soit les deux premières années de formation de base ("solide, sinon nous sommes perdus", indiquent les intervenants) en école, puis les deux autres dans une ou plusieurs entreprises selon les spécialités. Plusieurs risques sont mentionnés: le chaos (un cursus tout droit de quatre ans est plus simple à gérer) et la création de généralistes. Autre possibilité, indiquée par Jean-Marc Charpilloz (Tornos à Moutier): reconvertir des personnes détentrices de CFC dans d'autres métiers (boucher, charpentier), et leur donner un supplément de formation de six mois pour les rendre employables dans l'industrie des machines.

Point toujours intéressant pour le journaliste: le niveau de connaissance des jeunes. "Nous devenons de plus en plus exigeants", indique Claude-Alain Bétrisey. Un "biais" a été trouvé: ouvrir la formation de mécapraticien, en trois ans, moins exigeante. J'ai alors remarqué que ces formateurs avaient le souci bien réel d'intégrer un maximum de jeunes au marché du travail, de s'occuper aussi "des gens qui ne suivent pas."

Tout de même, quelques remarques fusent. "Les parents protègent trop les jeunes. Ils cherchent la planque tout de suite." Alors que plusieurs intervenants font part d'excellentes expériences réalisées avec des apprentis étrangers, "qui ont envie de bosser." Le métier de formateur devient également un métier d'éducateur: "l'aspect social devient de plus en plus important." Jean-Marc Charpilloz relativise: "Avant, aucun apprenti ne décrochait le téléphone pour poser une question à l'ingénieur. Maintenant, ils le font."

Et l'école? Curieusement, rien de très sévère. "Tout ce que l'on veut, c'est des jeunes qui sachent compter, et à peu près lire et écrire. C'est tout!" Un intervenant, responsable d'une école professionnelle, me glisse: "nous avons arrêté de gueuler sur l'école, on fait avec. Il faut cesser de pleurer." Le carnet de notes fait davantage grincer les dents. "Avec ces évaluations, on ne sait pas vraiment ce que le jeune a appris. Dans le canton de Vaud, il y a les épreuves cantonales de référence, c'est bien." Un souhait tout de même: que les responsables de l'orientation, voire des classes entières, visitent les entreprises. A 16 ans, c'est trop tard: il faut le faire dès la 7e.

A la fin de la première journée, je remarque que ces formateurs cherchent à faire mieux connaître leur travail, notamment auprès de leurs directions. Et qu'ils se soucient sérieusement de l'avenir des jeunes, y compris de ceux qui, disons, ne sont pas très scolaires.

Rédigé le 22 novembre 2007 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Un coup de fil pour trouver une formation

"Hotline apprentissage, bonjour!" Sylvain Jacot-Descombes, psychologue conseiller en orientation à l'Office cantonal d'orientation scolaire et professionnel du canton de Vaud (OCOSP), répond à un jeune en quête de formation. A l'écran s'affiche une liste d'employeurs potentiels, installés dans tout le canton de Vaud: un peu plus de 160 places d'apprentissage sont disponibles, de suite, dans de nombreux domaines. "Dans quel domaine cherchez-vous? ... Employé de commerce? Il reste cinq places. Quelle région vous intéresse? J'ai Vevey, Aubonne et la Vallée de Joux... Voulez-vous que je vous envoie une liste avec les adresses?" Ce mercredi matin pluvieux, à Lausanne, le 021 316 11 67 ne chôme pas. "Nous avons eu des appels depuis le Valais, Neuchâtel et Genève", ajoute Cécile Martinetti, collaboratrice. Le public: des jeunes (et des parents) soucieux de trouver très rapidement un apprentissage.

Depuis le 27 août, l'OCOSP a ouvert une ligne téléphonique, dans le cadre de l'opération "Cap apprentissage". A tour de rôle, et jusqu'au 31 août, des spécialistes aident des adolescents à trouver une formation, dans l'urgence. En effet, la bourse aux apprentissages disponible sur le net vient d'être fermée, afin de réaliser sa mise à jour via une vaste enquête auprès des patrons. Depuis le mois d'octobre, le contenu entièrement renouvelé de la base de données sera utilisé par les adolescents qui viennent d'entamer leur dernière année de scolarité obligatoire.

En deux jours, 195 appels ont été reçus sur la hotline, "ce qui correspond à la situation des années précédentes", précise Isabel Taher-Sellés, directrice de l'OCOSP. Une action semblable a eu lieu en juillet: 420 appels, dont 266 de jeunes.

Sonnerie. Au bout du fil, une jeune fille souhaite faire un apprentissage d'éducatrice de la petite enfance. Mais cela n'existe pas. "Il faut obtenir un CFC, puis suivre une formation dans une école", explique Sylvain Jacot-Descombes. Moment délicat de la discussion: il faut gérer des déceptions. Bien souvent, les adolescents rêvent de professions pour lesquelles les places sont très rares, ou qui nécessitent des diplômes qu'il ne possèdent pas. Dans tous les cas, le collaborateur de l'OCOSP doit faire en sorte de présenter des solutions à l'appelant. Un métier proche de celui qu'il souhaite, ou alors carrément un plan B, même très éloigné de l'intention d'origine.

Surprise: de nombreuses personnes visent des formations d'employé de commerce ou de gestionnaire de vente. Même si plus de 800 ou 900 places sont proposées chaque année dans le canton de Vaud, elles sont prises d'assaut. Les employeurs croulent donc sous les demandes. Plus étonnant encore: un adolescent qui ne trouve pas d'apprentissage dans son métier de rêve se tournera alors vers les métiers de la vente, perçues comme des solutions de secours.

Pour éviter qu'une personne qui appelle reste sur un échec, les collaborateurs de la hotline l'incitent à passer dans l'un des cinq centres d'orientation cantonaux. Un contact plus direct, de l'information ou du soutien pour rédiger un dossier de candidature peuvent être obtenus. Certaines situations peuvent être difficiles: Cécile Martinetti mentionne le cas d'une jeune femme qui a rédigé 270 offres.



Rédigé le 30 août 2007 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (1)

Trois questions à Serge Imboden

Imboden_2

Vice-directeur de l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie, chef de la formation professionnelle.

Version complète de l'entretien paru dans L'Hebdo du 19 juillet.

Dans une étude récente, l'Office fédéral de la statistique prévoit que le nombre de jeunes en formation professionnelle pourrait baisser de 11 % d'ici 2016, alors que les effectifs des filières menant à la maturité gymnasiales resteraient stables.

Va-t-on vers un manque d'apprentis?

Je ne pense pas. Plusieurs éléments ne sont pas pris en compte dans ces statistiques. Premièrement, le marché s'adapte rapidement. La quantité de places d'apprentissage disponibles va baisser si un nombre plus faible de jeunes se tournent vers la formation professionnelle. Cette tendance a déjà été observée par le passé. Deuxièmement, la migration. Comment les entreprises vont-elles réagir si, dans certaines branches, elles ne trouvent pas assez de spécialistes ? Cela aura une influence sur les places d'apprentissage. Dans les vingt dernières années, 65 % de jeunes étaient placés dans l'économie, donc en formation professionnelle. A l'avenir, cette proportion va rester stable.

Les écoles préparant à la maturité suscitent l'engouement

Notre système est perméable: après sa formation, un apprenti peut accéder aux hautes écoles, grâce par exemple à la maturité professionnelle. En septembre, nous allons lancer une campagne de promotion qui durera trois ans, afin de montrer aux parents qu'un jeune qui choisi un apprentissage a autant, voire davantage de perspectives que s'il se lançait dans des études gymnasiales.

Si le marché se détend, quelle sera la priorité de l'OFFT?

Chaque année, près de 2500 jeunes peinent à entrer dans le marché du travail, indépendamment de la conjoncture. Nous mettons en place un case management dans toute la Suisse. Le but consiste à identifier très tôt ces personnes, dès la 7e ou la 8e année. A l'avenir, nos efforts viseront davantage à chercher des entreprises prêtes à engager ces personnes moins scolaires que de créer de nouvelles places d'apprentissage.

Y a –t-il un lien entre le taux de chômage et les places d'apprentissage?

Si la conjoncture va mal, très rapidement, il y a moins de places d'apprentissage. Les entreprises économisent en premier là-dessus. L'inverse est vrai: dès que la conjoncture repart, elles créent très rapidement des places d'apprentissage.

Rédigé le 19 juillet 2007 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Pas si fous, ces Romains

Des contrats d'apprentissage existaient déjà dans l'Empire romain, au IIe siècle. Anne Kolb, professeure d'histoire à l'Université de Zurich, a mis cette étonnante information en lumière. Ces documents, qui liaient un formateur et un apprenant, comme l'on dirait aujourd'hui, étaient rédigés sur papyrus.

Qui en bénéficiait ? Des jeunes bien sûr, mais également des esclaves. Aucun altruisme à espérer: une fois formés dans un métier, ils rapportent de l'argent à leur propriétaire grâce à leur travail...

Ces contrats d'apprentissage antiques étaient passés entre particuliers: l'Etat n'intervenait pas. De nombreux métiers étaient concernés: tisserand, médecin, maçon, coiffeur, chaudronnier...

Anne Kolb propose trois exemples de ces contrats dans un document très bien fait (que je paraphrase sans vergogne). Ainsi, "le 18 septembre de l'an 66 après J.C., Tryphon conclut un contrat de formation professionnelle avec le tisserand Ptolemaios pour son fils mineur." L'apprenti n'est pas payé, et doit rattraper les jours de travail manqués. Par contre, son patron contribue à son habillement. Enfin, le maître risque une amende s'il ne "forme pas consciencieusement" le jeune homme. D'autres contrats mentionnent les horaires de travail, le salaire mensuel ou les jours de congé dûs aux fêtes.

Rédigé le 06 juin 2007 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Tout va très bien, Madame la marquise

Etonnante interview d'Hans-Ulrich Stöckling, président sortant de la CDIP, dans le bulletin FPr. Ainsi, la situation de la jeunesse ne l'inquiète pas. Au sujet du problème des places d'apprentissage, il relève que la réalité n'a pas la moitié du caractère dramatique des gros titres. L'entretien peut être téléchargé ici.

Par David Spring

Rédigé le 12 juin 2006 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Apprentissage, le mystère des chiffres

Il semble que nous manquions totalement de chiffres, en Suisse, concernant l'apprentissage. Ou que nous ne sachions pas où les trouver. Un postulat déposé il y a un moment déjà par la Commission de la science, de l'éducation et de la culture CN (CSEC-CN) pose des questions basiques.

Par exemple: "Dans quelles branches et dans quelles régions y a-t-il un nombre insuffisant de places d'apprentissage et quelle est l'ampleur du déficit?" Mieux: "Quelles sont les branches où l'on relève un décalage entre les exigences à l'embauche et le bagage effectif des apprentis ou des candidats à l'apprentissage?"

Des questions fondamentales, que chacun se pose. Merci à nos élus de s'en être rendu compte. Bon, le fait que des conseillers nationaux membres d'une commission intéressée par les problèmes de formation ne connaissent pas ces informations fait un peu peur. Mais le plus beau réside dans la réponse du Conseil fédéral du 17 mai : après un blabla sur l'importance des questions posées, on peut lire ceci:

"Compte tenu de la complexité et de la diversité des questions soulevées dans le postulat, un traitement rigoureux et complet de la problématique en l'espace d'une année s'avère difficile. Même en menant d'intenses projets de recherche, les résultats à court terme n'auraient qu'une portée régionale et seraient limités quant au fond. Sous réserve des contraintes évoquées liées au temps imparti, le Conseil fédéral est prêt à prendre position sur les questions posées."

Bravo. En gros, on n'en sait rien. Pourtant, ce ne sont pas les associations professionnelles qui manquent dans ce pays. Elles possèdent certainement des embryons de réponses, quantitatives et qualitatives. A la Fédération vaudoise des entrepreneurs (décidemment, j'y tiens) ou à l'Union professionnelle suisse de l'automobile, des professionnels travaillent depuis longtemps sur ces problèmes, en toute discrétion. Mais évidemment, se soucier des apprentis maçons ou des carrossiers est un peu moins glamour que de se passionner pour les recherches dans les technologies de pointe.

Rédigé le 26 mai 2006 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Quand le bâtiment va...

Lors du Forum des 100, rencontre avec les excellents Jean-Richard Margot et Blaise Longchamp, de la Fédération vaudoise des entrepreneurs. Surprise: plus de la moitié des entreprises membres de cette fédération forment des apprentis. La FVE regroupe la majorité des sociétés du bâtiment dans le canton de Vaud. Ce sont de bons élèves, car le taux d'entreprises formatrices, en moyenne générale pour le pays de Davel, atteint 30 % (10 000 sur 32 000)

Par David Spring, L'Hebdo

Rédigé le 19 mai 2006 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Opération "Apprentissage"

Depuis le 20 mars, quatre démarcheurs courent le canton de Vaud. Leur mission? Rendre visite aux entreprises qui n'offrent pas de places d'apprentissage. Soit 22 000 sociétés, sur les 32 000 que compte ce coin de pays. A ce jour, 70 places potentielles ont été dénichées.

L'an passé, Norbert Parisod avait effectué un travail du même genre, mais sur une durée limitée. En trois mois, il avait permis la création de 80 places de formation. Un entretien détaillé éclaire cette expérience parfois éprouvante. L'opération en cours possède une plus grande ampleur, et devrait durer jusqu'au 31 décembre 2008. Elle est soutenue par l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) à hauteur de 1,464 millions.

Quelques questions à Jean-Richard Bory, responsable de l'Unité de prospection de places d'apprentissage.

Qui sont ces démarcheurs?

Leur qualité principale: une empathie et une possibilité de contact très forte. Ils ne sont pas liés à l'un ou l'autre des milieux professionnels. Nous avons un ingénieur, qui a eu un bureau d'informatique, des personnes formées en psychologie, en éducation ou en commerce. Pour ce genre de travail, il nous faut des profils très variés.

Leur travail passe par du porte-à-porte et des contacts directs avec les patrons. Les retours peuvent être rudes!

Certains se plaignent, déversent leur rogne contre l'Etat et l'administration. Ils ont parfois malheureusement d'excellentes raisons. Après cette étape, la discussion devient constructive, sereine. Nous mettons l'accent sur le plaisir qu'il y a à vivre avec des jeunes, à transmettre ses connaissances.

Certains patrons se plaignent que prendre un apprenti demande trop d'administration.

Au niveau de la formation professionnelle, la formalité est très simple: un contrat à signer. Puis suivre un cours de 40 heures, que l'on peut faire n'importe quand, même le samedi. Ces exigences sont liées à des lois fédérales. Mais ensuite, attention: les associations professionnelles gèrent leurs métiers. Nous avons de tout! Des coiffeurs qui demandent 80 heures de cours en plus du cours cantonal! Des classeurs, pour le maître d'apprentissage, qui peuvent compter 20 pages ou 400 pages selon les cas! Là, il existe un joyeux amalgame avec ce que demande vraiment l'Etat.

Quelle est votre préoccupation aujourd'hui?

Placer la bonne personne à la bonne place. Que le patron vive une première expérience positive. Nous mettons en place un site internet qui relève les compétences souhaitées par les employeurs, ainsi que les valeurs mises en avant par l'entreprise. A terme, les jeunes pourront chercher des places selon ces critères. Pour atteindre ce but, nous commençons à établir une base de données.

Le site des démarcheurs

Par David Spring, L'Hebdo

Rédigé le 11 mai 2006 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Un apprentissage en or

Début février, la manufacture horlogère Patek Philippe, à Genève a fait paraître des annonces dans la presse et sur le site internet orientation.ch. La société recherchait des apprentis "horlogers praticiens" et "termineurs en habillage horloger" (ou polisseurs, soit des spécialistes des boîtes et de bracelets de montres). Des formations duales (en entreprise et en école), d'une durée de trois ans.

Des places en or, dans un domaine où des personnes formées n'ont aucun mal à trouver un emploi.  L'entreprise compte d'ailleurs déjà huit apprentis, et ce chiffre montera à dix l'an prochain.

Patek Philippe a-t-elle trouvé son bonheur?  Un entretien avec Mathias Nicod, du service du personnel, apporte des réponses étonnantes. Ainsi, c'est une "avalanche de dossiers" qui est tombée sur la manufacture genevoise.

Par exemple, pour les trois places d'horlogers praticiens offertes, près de 100 postulations. Après avoir passé un test scolaire portant sur les mathématiques (une branche importante pour le métier), et un entretien, puis un test pratique, deux jeunes ont été engagés. Un troisième devrait l'être prochainement. La motivation comptait beaucoup aux yeux de Mathias Nicod. En effet, l'apprenti va passer beaucoup de temps à l'établi, "les yeux à quelques centimètres de la montre. Il faut avoir du caractère!"

Il n'est pas rare d'entendre des patrons d'apprentissage (ou des journalistes) se plaindre de la chute du niveau scolaire ou des problèmes de comportement des adolescents et des jeunes adultes. Qu'en est-il du côté de la manufacture horlogère? Mathias Nicod n'a pas remarqué de changement ces dernières années. Il indique que les mentalités évoluent, et estime que les jeunes cherchent un certain "confort". Ainsi, travailler la nuit ne leur fait pas envie. Au final, Mathias Nicod se déclare "ravi" par les apprentis actuellement en formation.

Un détail: même si les dossiers de postulation ont été expédiés par la poste, classiquement, les jeunes ont largement utilisé le site internet orientation.ch pour découvrir l'offre de Patek Philippe.

Par David Spring, L'Hebdo

Rédigé le 08 mai 2006 dans Apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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