"J’ai fait «Maths sup et HEC». Maternelle supérieure et Hautes études communales. Les études restent un parachute. Comme le bac, on peut dire que c’est de la merde quand on l’a."
Paul-Loup Sulitzer, dans M
"J’ai fait «Maths sup et HEC». Maternelle supérieure et Hautes études communales. Les études restent un parachute. Comme le bac, on peut dire que c’est de la merde quand on l’a."
Paul-Loup Sulitzer, dans M
Début de soirée à la place du Tunnel à Lausanne, devant un bar chic. Un coeur en papier à la boutonnière, un jeune homme m'aborde: "Nous organisons une soirée Speed Flirting, et il me manque deux hommes", indique-t-il avec un accent alémanique. Comment cela? "Il y a neuf femmes et sept hommes", ajoute-t-il un peu inquiet. Je m'étonne: cela devrait être le contraire, et largement, non? L'organisateur est également surpris et avoue un autre problème. "Les femmes sont attirantes et ont une bonne présentation. Mais les hommes..." conclut-il avec un air dégouté. Comme mon bus arrive (et que je suis marié), je l'abandonne sur son trottoir, à la recherche de mecs présentables.
Sur la place du Château, à Lausanne. Tout en shootant dans une balle en mousse jaune, un petit garçon s'exclame: "Il faut aller à l'école, et pas rêver sur le chemin!"
Dans la lettre d'information électronique "swiss-lib", qui intéresse surtout les bibliothécaires et les documentalistes, on déniche des perles.
Agacé par l'emploi du terme "apprenant", Eric Monnier, au centre de documentation du CEC Nicolas-Bouvier à Genève, signale cette information issue de La Liberté:
"[...] le directeur de l'Ecole professionnelle artisanale et commerciale de Bulle, M. Roland Schmutz a eu l'excellente idée d'écrire à... l'Académie française, tout simplement. La réponse de cette dernière, signée de Mme Sophie Tonolo du Service du Dictionnaire, n'a pas tardé. Dix jours plus tard - ce qui, soit dit en passant, écorne largement le cliché d'une institution endormie sur son quai de Conti - M. Schmutz recevait la lettre que je me plais à citer ci-après, dans son intégralité:"
"Monsieur,
Voici la position de l'Académie française sur le sujet. L'Académie française n'a pas reconnu la nécessité d'entrer dans son dictionnaire le néologisme apprenant, qui figure pourtant dans certains dictionnaires d'usage courant. En outre, dans cadre du dispositif d'enrichissement de la langue française, la commission de terminologie et de néologie de l'Education nationale a demandé son avis sur le terme : l'Académie française a de nouveau recommandé de remplacer ce dernier, suivant le contexte, par les termes étudiant, élève, apprenti (voyez les définitions dans notre dictionnaire en ligne) ou la périphrase "personne suivant des cours de formation", qui sont de bon usage.
Recevez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments les meilleurs
Service du Dictionnaire Sophie Tonolo."
Chez une marchande de journaux, à la rue du Grand Saint-Jean à Lausanne. Derrière le comptoir, caché, un chien aboie.
- "Schubert? Suisse-allemand!" lance la patronne à l'animal
- "?"
- "J'essaie de le vexer pour le faire taire."
Un camarade ferblantier-couvreur à Genève me raconte de petites anecdotes sur les apprentis.
Sur le toit d'un bâtiment en travaux, le patron donne des explications techniques à un apprenti. Le téléphone portable de ce dernier sonne, et le jeune répond, coupant la parole à son chef. "Ouais, ch'suis sur un toit, c'est cool," dis l'ado à l'un de ses copains. Suit une conversation inepte, mais brève. Un peu énervé, l'adulte reprend le fil de son petit exposé. Rebelote quelques secondes plus tard, le natel sonne.
- "Si tu réponds, tu le suis!" avertit le patron.
- "?"
- "Ben oui, je balance ton appareil en bas, et toi après."
Comme l'ouvrier en question mesure presque deux mètres et dépasse les 100 kilos, le jeune n'insiste pas.
Plus récemment, mon ferblantier demande à un apprenti de résoudre "1,14 fois 20", dans le cadre d'un calcul professionnel dont la raison m'échappe. Aussitôt, l'ado sort son portable, à la recherche de la fonction "calculatrice".
- "Pas question, tu comptes de tête", exige l'adulte.
- "Je ne sais pas comment on fait."
- "1,14 fois 2, ça fait combien?"
- "2,28"
- "Et après, tu ajoutes un zéro"
- "2,280?"
"Mon frère, y peut pas aller à l'école. Quand on lui explique un machin technique, y s'évanouit"
Kaamelott, livre II, épisode 41
Les filles, ce n'est pas simple. La preuve avec le très jeune Nicolas, qui raconte ses amours sur France Inter. Un joli moment de radio.
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