C'est cette semaine que se dessine l'accueil de jour des enfants à Genève. Les 25 et 26 juin, le Grand Conseil débattra d'une initiative radicale qui oblige le canton et les communes à offrir des places à tous les enfants scolarisés dans le public, dont les parents travaillent. Pour l'instant, le GIAP (groupement intercommunal pour l'animation parascolaire) regroupe les offres des communes et se pose pour objectif de répondre à toutes les demandes. "Les manques sont infimes à Genève et y pallier n'engendrerait pas d'énormes coûts, assure Jacques Follonier, radical président de la commission de l'éducation au Grand Conseil. Mais le système arrive à saturation, il y a des listes d'attentes. Nous sommes en avance sur les autres cantons, mais nous devons assurer l'offre dans l'avenir en l'inscrivant comme devoir dans la Constitution."
Si l'initiative déclenche un enthousiasme de principe, elle a pourtant été blackboulée en commission, par la gauche et le PDC. En cause? Le devoir de "tenir compte des besoins pédagogiques, artistiques et sportifs des enfants" inscrit dans le texte. "C'est illusoire!, dénonce Sylvia Leuenberger. Ce texte veux faire croire que l'on pourrait offrir cela aux enfants, mais ca coûtera bien plus cher. Il trompe les gens, ou alors, il faudra faire payer les parents." Un contre-projet pourrait émerger, que les radicaux soupçonnent d'être équivalent à leur initiative et d'avoir pour seul but de leur ôter la paternité du projet. Regard envieux sur le canton de Vaud, où la même initiative des radicaux-libéraux a été présentée comme initiative parlementaire par les socialistes, assurée d'un soutien presque unanime.
Dans le même temps, un front de la gauche a déposé le 22 juin les 14 804 signatures d'une initiative dans le même esprit. "Pour une véritable politique d'accueil de la petite enfance" veut inscrire le droit à une place de crèche dans la Constitution. Ainsi, si les deux textes étaient acceptés, ils assureraient un cursus complet à l'enfant, du bébé à l'ado. Les Genevois pourraient être amenés à se prononcer sur ce texte d'ici deux ans. Pour l'instant, la droite n'a pas encore pris position. Saura-t-elle résister à l'envie d'une revanche en bloquant à son tour l'initiative sur les tous petits?
Tasha Rumley


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