La classe!

Hautes écoles: être davantage qu’un client

La Suisse doit bientôt se doter d’une nouvelle loi sur l’aide aux hautes écoles et la coordination dans le paysage suisse des hautes écoles, la LAHE.

Pendant la session d’hiver, le Conseil des Etats va se pencher sur ce projet de loi. Il ne règle pas uniquement les principes du financement pour les subventions fédérales, mais aussi le rôle et la répartition des compétences entre cantons, Confédération et «organes» dans le domaine des hautes écoles suisses.

Il faut malheureusement reconnaître que, fondamentalement, les étudiant-e-s ne sont toujours pas considéré- e-s comme des partenaires à part entière, et les modalités actuellement proposées pour la participation étudiante sont insuffisantes.

Quel est notre rôle? En fonction des personnes avec qui l’on parle, notre image peut varier considérablement. Dans le pire des cas, l’étudiant-e se retrouve «client-e» des hautes écoles. Si certain-e-s parmi vous entament leurs études cet automne, balayez ce vocabulaire. Contribuez plutôt à l’organisation de vos études: participez et considérez-vous comme une composante essentielle de votre haute école. C’est à nous, étudiante- s, de décider du rôle que nous voulons jouer.

Et si vous ne voulez pas vous limiter à «consommer» votre formation, le mieux consiste à prendre contact avec l’association de protection des consommateurs/ trices la plus proche... soit l’association des étudiante- s de votre haute école.

Marco Haller, membre du comité exécutif de l’Union des étudiant-e-s de Suisse

Rédigé le 03 septembre 2009 dans Formation continue, Guide de l'étudiant | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Un nouvel institut au Locle

VueAerienneLocle En complément de l'article paru dans L'Hebdo le 20 août, voici quelques détails supplémentaires sur le futur "centre international de formation continue en horlogerie". Ce dernier va ouvrir ses portes fin octobre au coeur de la région horlogère.

Il s'agit d'un partenariat entre la ville du Locle (photo www.ne.ch), le canton de Neuchâtel et l'AMS, l'association des fournisseurs d'horlogerie du marché suisse. Celle-ci regroupe 80 entreprises parmi les plus grandes, comme le Swatch Group.

L'association s'est rendu compte, il y a 6 ou 7 ans, que les montres avaient énormément évolué sur le plan technique, mais que le personnel des points de vente ne pouvait pas répondre aux demandes des clients sur ces questions. Les besoins en formation ont été listés notamment par François Thiébaud, président de Tissot. Cela a débouché sur une formation qui dure 42 jours, un brevet fédéral. Aujourd'hui, plus de 80 titres ont été délivrés.

Mais il existe d'autres demandes. Ainsi, Manor a fait organiser un cours spécifique de 3 jours pour son personnel de vente de montres, en français et en allemand. Ce cours pourrait être ouvert à des personnes qui ne connaissent pas le monde de l'horlogerie, comme des chômeurs ou dans un but de reconversion.

Autre idée. Dans le milieu horloger, beaucoup de professionnels possèdent une bonne formation de base mais connaissent mal les produits, les complications, l'histoire, la formation des groupes. Pour combler ces lacunes, des cours d'une semaine ont été mis en place.

Le brevet fédéral a rencontré de l'écho à l'étranger. Du personnel vend des montres suisses de Tokyo à New York. Certes, les marques donnent de la formation, mais rien de généraliste. Des sessions de 35 jours sont prévues, sanctionnée par un diplôme signé par la Fédération horlogère. Les cours seront donnés en anglais et peut-être en chinois à l'avenir.

Tous ces cours seront hébergés sous le même toit. Le Locle possède un bâtiment ad hoc, l'ancienne école de puéricultrice, situé tout près de l'Hôtel de Ville. Les locaux vont être refaits à l'intérieur, équipés, les fenêtres vont être changées: la ville du Locle a fait un effort important.

Les formations seront dispensées à la fois par des professeurs du CIFOM et des professionnels de la branche.

Rédigé le 20 août 2009 dans Formation continue | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

EduQua, ça vaut quoi?

Dans le domaine de la formation continue, la Suisse possède son propre label de qualité depuis 7 ans. Il s'agit d'EduQua. Pour son mémoire de bachelor en gestion d'entreprise à l'Université de Genève, Rémy Bucheler (22 ans) s'est posé une question toute simple: "Peut-on se fier à EduQua?"

Aujourd'hui, près de 800 institutions sont certifiées EduQua dans notre pays. Ces organismes dispensent de la formation continue pour adultes (cours d'informatique et de langues par exemple) et du perfectionnement professionnel. Ce label est très important: les Office régionaux de placement (ORP) ne travaillent qu'avec les entreprises qui le détiennent. Pas d'EduQua, pas de subvention publique. Comme la formation continue (ou quaternaire) représente un marché intéressant, l'intérêt pour la certification est grand.

L'étudiant en sciences économiques a mené une large enquête (disponible en pdf sur son blog). 123 institutions de formation ont répondu à son questionnaire. Quelques résultats:

- 87% des entreprises considèrent important ou très important de détenir une certification-qualité vis-à-vis de la clientèle commerciale, et 73% vis-à-vis des participants.

- 84% des institutions ont eu à obtenir la certification pour pouvoir continuer tout ou partie de leurs mandats de formation.

- 70% des institutions ont eu à faire des adaptations afin de recevoir la certification EduQua. 82% ont eu, à la suite de leur labellisation, à continuer d’entreprendre des mesures qualitatives.

Sa conclusion: "Pour 78% des institutions, EduQua a eu des effets et un retour sur investissement positifs. Contre toute attente, ce label-qualité fédéral, imposé de force et contraignant est, au final, tout à fait probant pour la majeure partie des entreprises de formation."

Lorsqu'il a interrogé des participants aux formations continues, certains résultats étonnent davantage:

"Si 89% des participants jugent important qu’une institution de formation détienne une certification-qualité et que 53% d’entre eux le jugent même très important, près de la moitié des participants ne connaissent pas EduQua, Ils ne sont pas plus au courant de la certification de l’institution. Seulement 14% d’entre eux se considèrent bien informés."

En clair: on fait confiance à une étiquette dont on ne sait pas ce qu'elle signifie! La nature humaine est merveilleuse.

Moi - Entretien avec Rémy Bucheler -

Vous relevez un problème avec la formation des formateurs...

Avant EduQua, n'importe quel diplômé des universités ou de l'EPFL pouvait devenir formateur. Seule la qualification technique comptait. Mais maintenant, tous les formateurs non-occasionnels (qui effectuent plus de 150 heures d'enseignement par an) doivent être certifiés. Donc, en très peu de temps, les entreprises ont dû certifier un grand nombre de formateurs. Cela a créé un business extrêmement juteux de formation des formateurs. Le certificat à obtenir (FSEA 1) représente 15 à 20 jours de formation (minimum de 150 heures). A Genève, cette formation subventionnée par les milieux patronaux et les syndicats coûte 1500 francs. Ailleurs, c'est 3500 francs.

La personne formée doit-elle payer elle-même?

C'est arrivé. Il est fréquent que les formateurs soient payés à l'heure. Imaginez que vous deviez arrêter de travailler pour vous former, et payer en plus 3500 francs pour simplement avoir le droit de continuer à faire votre travail. De plus, ce certificat FSEA 1 est clairement inclus dans le brevet fédéral: il en constitue même un module. Le système est fait pour que les formateurs continuent leur formation. Car cela rapporte beaucoup d'argent.

Vous relevez un autre point encore plus ennuyeux: une sorte de petit club qui tient les commandes de la formation continue...

Les personnes qui ont lancé EduQua sont également actives à la FSEA (Fédération Suisse pour la Formation Continue). Elles gèrent le brevet fédéral et donnent les cours. Heureusement, le cercle de personnes concernées s'étend un peu. Mais avant, les mêmes personnes étaient présentes à tous les niveaux, avec plusieurs casquettes.

- Biographie de Rémy Bucheler -

Agé de 22 ans, il a entamé un master en HEC, à l'Université de Genève. En parallèle, il mène des études de droit (bachelor, 2e année). Il estime que ces doubles études sont "gérables". En août 2005, il a été champion du monde d'Excel (oui, le logiciel).

Rédigé le 23 août 2007 dans Formation continue | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (1)

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