La classe!

Une idée révolutionnaire

La HES romande négocie son avenir - II

Suite de l'article paru le 13 septembre dans L'Hebdo

Comment assurer l’avenir de la Haute Ecole Arc, bâtie par les cantons de Berne (partie francophone), Jura et Neuchâtel? Déborder sur la France! Maxime Zuber soutient cette idée. «Une haute école transfrontalière, ce serait révolutionnaire», s’enthousiasme le député. «Cela me paraît évident, ajoute l’industriel Pierre-Olivier Chave. Une bonne partie de la microtechnique se joue avec Besançon.» L’horloger Michel Parmigiani renchérit: «Cela favorise la politique des régions, l’Europe des régions. Il faut être ouvert.» Des collaborations pourraient s’intensifier. Selon les informations obtenues par L’Hebdo, une étude préalable de faisabilité a été demandée par le comité stratégique de la Haute Ecole Arc.

D’autres pistes existent. Par exemple, «admettre que la Haute Ecole Arc possède une forme d’autonomie par rapport à la HES-SO, soutient Maxime Zuber. Et assouplir la norme fédérale absurde qui décrète qu’un site doit compter un minimum de 500 étudiants.» Autre idée: chercher à s’associer à la haute école bernoise pour créer «une vraie école bilingue et un beau projet fédéral, ajoute le député. Le problème de la masse critique serait du coup résolu.»

Ce souci de dimension s’allège un peu pour la rentrée du 17 septembre, qui s’annonce belle dans l’arc jurassien. En effet, Brigitte Bachelard prévoit des effectifs en légère hausse: l’institution franchira le cap des 1000 étudiants en formation de base, diplômants exclus. La formation d’ingénieur-designer (dispensée au Locle) fait le plein. Quant aux soins infirmiers (à Delémont), ils rencontrent un vrai succès: plus de 40 jeunes sont attendus, soit le double de l’année précédente.

Rédigé le 13 septembre 2007 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

HE-ARC et Université: le Conseil d'Etat neuchâtelois prend des décisions

Une importante conférence de presse du Conseil d'Etat du canton de Neuchâtel a eu lieu le 24 janvier. Voici les points importants concernant deux hautes écoles:

- L'institut de microtechnique sera intégré à l'EPFL, sous le nom d'EPFNe-IMT. Davantage de détails.

- La HE-ARC sera localisée sur un site comprenant deux espaces: ingénierie et arts appliqués à la Chaux-de-Fonds et économie, santé, musique en ville de Neuchâtel. Une décision différente de la prise de position du Comité stratégique de la HE-ARC, qui souhaite un site unique à Neuchâtel. Chaudes négociations en perspectives!

Les communiqués: Déclaration du CE et résumé

Rédigé le 25 janvier 2007 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Chaises musicales dans les Montagnes neuchâteloises

Formation L'idée de concentrer les cinq sites de formation de la Haute Ecole ARC en ville de Neuchâtel suscite la colère du Locle et de la Chaux-de-Fonds.

Comment sauver la Haute Ecole ARC, créée en 2005 par les cantons de Neuchâtel, du Jura et de Berne (partie francophone)? Regroupons les cinq sites de formation actuels à Neuchâtel, a répondu le Comité stratégique (COSTRA) qui pilote cette entité. Bilan: Le Locle voit son école d'ingénieurs disparaître. La Chaux-de-Fonds perd ses Arts appliqués mais conserve son Institut des microtechnologies appliquées. Dans le Jura bernois, Saint-Imier garde ses instituts de transfert de technologie mais, comme Delémont, se mue en «centre de formation.» De quoi s'agit-il? D'une «innovation», explique Brigitte Bachelard, directrice de la HE-ARC. Les étudiants effectueraient leur première année de formation dans ces centres, puis se rendraient à Neuchâtel pour la suite de leur cursus.

Cette proposition a fait l'effet d'une bombe, car elle contredit une annonce faite le 2 juin dernier par le Conseil d'Etat du canton de Neuchâtel, qui estimait alors que «(...) la priorité doit aller à la localisation dans les Montagnes neuchâteloises». D'où la surprise indignée des autorités du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Leur réaction de colère n'a suivi que de quelques heures le communiqué du COSTRA, diffusé au terme d'un véritable cafouillage.

Tout le monde n'a pas été étonné. Maxime Zuber, député au Grand Conseil bernois avait prédit un regroupement sur Neuchâtel lors d'un entretien avec L'Hebdo, fin novembre. Est-il satisfait d'une proposition qui touche l'école d'ingénieurs de Saint-Imier? «Dans une opération comme celle-ci, tout le monde perd des plumes! Le comité stratégique a pris une décision courageuse, qui place le Conseil d'Etat neuchâtelois devant le fait accompli.»

Le 24 janvier 2007, ce gouvernement devrait annoncer sa décision finale. Sa marge de manoeuvre est très réduite. Accepter le plan du COSTRA aggravera le conflit avec le haut du canton. Mais avancer un plan B, comme un regroupement à La Chaux-de-Fonds, déplaira au Jura et à Berne. En effet, selon le communiqué du COSTRA, Neuchâtel est la «mieux placée en termes d'attractivité et permet la meilleure accessibilité à tous les centres urbains de la région ARC.» Si, à cette douloureuse équation, on ajoute la proximité de la Haute Ecole d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud, à Yverdon, le problème posé au Conseil d'Etat neuchâtelois prend des allures de cauchemar.

Paru dans L'Hebdo du 28 décembre

Rédigé le 02 janvier 2007 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Il pleut des communiqués

L'avenir de la Haute école ARC suscite une pluie de communiqués de presse.

Quelques heures après l'annonce du site unique à Neuchâtel, soit le 21 décembre, les autorités du Locle et de La Chaux-de-Fonds ont réagi. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles sont furieuses! Il faut dire qu'elles avaient reçu tout récemment des informations totalement différentes de la part du Conseil d'Etat.

Le lendemain, le gouvernement envoie à son tour un communiqué aux rédactions. Une décision sera prise le 24 janvier 2007.

Peu de temps après, les villes des Montagnes neuchâteloises commentent officiellement ce texte. Elles relèvent que le site unique à Neuchâtel n'est qu'une "proposition".

Je tente d'obtenir la réaction de Blaise Roulet, responsable du centre de prestations "Hautes écoles spécialisées" à l'Office fédéral de la formation et de la technologie. Mais ce dernier ne souhaite pas s'exprimer avant "l'analyse de la HES-SO" et la prise de position du gouvernement neuchâtelois.

Dans la foulée, je rédige un petit article qui paraîtra dans L'Hebdo du 28 décembre seulement. J'en profite pour rappeler Maxime Zuber, député au Grand Conseil bernois. Je l'avais interrogé fin novembre, car il était intervenu dans le dossier, au sujet de l'Ecole d'ingénieurs de Saint-Imier. Au cours de l'entretien, il m'avait signalé que la seule solution, en termes d'attractivité pour les jeunes, résidait dans un site unique à Neuchâtel. Tout en ajoutant que la HES-SO risquait de ne pas apprécier l'installation d'un lieu de formation fort à 21 minutes de train de la Haute école d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud, située à Yverdon.

Maxime Zuber me fait remarquer que des filières en économie et en soins font également partie de la HE-ARC, à côté des filières en ingénierie. L'argument de la proximité avec l'industrie microtechnique et horlogère installées au Locle et à La Chaux-de-Fonds ne tient donc pas forcément pour ces domaines moins techniques.

Dans les couloirs de L'Hebdo, le jeu trouble de Sylvie Perrinjaquet suscite des commentaires. En effet,  en tant que conseillère d'Etat, la libérale a soutenu une localisation dans les Montagnes neuchâteloises. Par contre, au sein du Comité stratégique de la HE-ARC, elle a forcément soutenu le site unique en ville de Neuchâtel, puisque ce Comité prend ses décisions à l'unanimité. Je me demande comment elle a répondu aux interrogations de ses collègues au gouvernement cantonal.

Par David Spring

Rédigé le 24 décembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

HE-ARC, coup de théâtre

Alors que je terminais mon petit laïus sur l'avenir de la Haute école ARC (lire le texte ci-dessous), un communiqué de presse étonnant tombe dans ma boîte aux lettres. Le Comité stratégique de la HE-ARC privilégie un site unique, et à Neuchâtel! Soit exactement le contraire de tout ce que j'imaginais, en brave journaliste trop sûr de lui. Mais je pense ne pas être le seul à être surpris ce soir, d'autant que le 2 juin, le Conseil d'Etat neuchâtelois annonçait vouloir privilégier les Montagnes...

Pour sauver les meubles de l'accord tricantonal, et rester proche de l'économie locale, deux centres de formation seront maintenus, l'un à Saint-Imier, l'autre à Delémont. Il restera une formation de niveau master en ingénierie à la Chaux-de-Fonds et à Saint-Imier.

Parmi les perdants, l'école d'ingénieurs du Locle et les arts appliqués de la Chaux-de-Fonds. Ces entités déménageront, entre 2008 et 2012. Voici le communiqué.

Ce choix doit encore être validé par la HES-SO, puis discuté avec l'OFFT, qui aura le mot de la fin. Je me risque à parier que les négociations seront rudes. Pourquoi? A cause de la proximité de la HEIG-VD d'Yverdon: deux écoles d'ingénieurs et deux écoles de gestion à 21 minutes de train l'une de l'autre, plus une faculté des sciences économiques à Neuchâtel...  C'est ce qu'on appelle préparer le terrain pour des regroupements plus larges. Enfin, au sein de la HES-SO, deux régions, Vaud et l'alliance Berne francophone - Jura - Neuchâtel installent leurs plus belles écoles face à face. Il faudra me convaincre que cela n'engendrera pas de concurrence entre elles.

David Spring

Rédigé le 21 décembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Patatras!

Mardi 19 décembre, j'ai été convoqué à une conférence de presse sur l'avenir de la Haute école ARC. Différents scénarios de regroupement de ses cinq sites allaient être exposés. Allait-il en rester trois (un par canton)? Voire un seul pour les trois cantons? Bref, le suspens était à son comble. Joie supplémentaire: trois conseillers d'Etat, Sylvie Perrinjaquet (NE), Jean-François Roth (JU) et Bernhard Pulver (BE) devaient participer à cette rencontre, en compagnie de Brigitte Bachelard, directrice de cette institution. J'avais des milliers de questions à leur poser. Mais patatras, voici ce que je reçois ce matin:

Par la présente, vous voudrez bien prendre note que la Conférence de presse convoquée ce jour par le Président du Comité Stratégique de la Haute Ecole Arc, Monsieur Le Ministre Jean-François Roth sur la thématique des regroupements de sites est annulée et reportée à une date ultérieure, le Conseil d’Etat Neuchâtelois ayant reporté sa prise de décision à fin janvier 2007.

Passé le premier moment de contrariété, je pense que ce délai de réflexion ne peut faire de mal. En effet, une déclaration intempestive, début juin 2006, avait déjà semé le trouble. Sylvie Perrinjaquet avait annoncé le gouvernement favorisait un regroupement dans les Montagnes neuchâteloises, soit à la Chaux-de-Fonds ou au Locle. On imagine la surprise des enseignants et des élèves des HES de la ville de Neuchâtel, qui ont appris cette nouvelle par la presse! Il valait donc mieux que quelqu'un tire sur le frein avant que le train ne déraille à nouveau, semant ses passagers le long des voies.

Si ce canton a besoin de plus de temps, c'est qu'il risque de perdre beaucoup de plumes dans cette affaire, puisqu'il compte trois sites. La position forte de la Haute école d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD, 1500 étudiants), à Yverdon, empêche quasiment l'existence d'un centre de formation similaire à Neuchâtel, qui ne se trouve qu'à 21 minutes de transports publics.

Un petit jeu de prédictions? Les sites du Locle et de Neuchâtel migrent à la Chaux-de-Fonds pour réaliser des économies, et répondre aux ordres de Berne (qui aime les situations simples). Une nouvelle école s'installe près de la gare. Le site de Saint-Imier (BE), trop petit, ne peut être maintenu, malgré la résistance héroïque mené par des députés du Jura bernois, finalement assommés à coups de présentation Power Point et tableaux Excel sur les "coûts par étudiant". Le gouvernement du canton de Berne ne peut que sauver les centres de transferts de technologie déjà installés.

Et le Jura? C'est tout ou rien. Il me semble logique qu'à terme, le site de Delémont subira le même sort que celui de Saint-Imier. Ainsi, le site le plus petit, celui de la Chaux-de-Fonds, aura raflé la mise. A l'image de ces minuscules trous noirs, qui absorbent d'inconscientes étoiles géantes baguenaudant dans leurs environs.

Mais il existe une option bien plus folle, si l'on pense au "paysage des hautes écoles 2012": Neuchâtel possède déjà une haute école: son université. Berne en a deux: son université et sa HES. Le Jura n'a rien. Donc, la HE-ARC au grand complet déménage à Delémont! On parie?

Par David Spring

Rédigé le 21 décembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Menaces sur l'école d'ingénieurs de Saint-Imier

Site_stimier Pour faire suite à l'article paru dans L'Hebdo du 30 novembre, voici quelques compléments d'information et autres documents indispensables. En effet, j'ai contacté de nombreuses personnes concernées par ce dossier, et il serait dommage, faute de place dans le magazine, de ne pouvoir profiter de leurs interventions. J'ai dû souvent réduire un entretien de 20 minutes à ... une phrase. Bref.

Petit sommaire et chapitres:

1 - En premier, l'article paru, pour se faire une idée globale du problème et des forces en présence.
2 - Quelques remarques de Stéphane Boillat, maire de Saint-Imier.
3 - Le point de vue du député au Grand Conseil bernois Maxime Zuber, coauteur d'une motion urgente sur le sujet. Son texte est disponible dans le compte-rendu de sa contribution.
4 - Le point de vue du député socialiste au Grand Conseil bernois Christophe Gagnebin, auteur d'une interpellation. Son texte est disponible.
5 - La réaction d'Anne-Catherine Lyon, présidente du comité stratégique de la HES-SO.
6 - Celle de Bernhard Pulver, conseiller d'Etat bernois en charge de l'Instruction publique.
7 - 500 étudiants par site? Le fameux message du Conseil fédéral qui contient cette exigence.
8 - Quelques informations de la directrice générale de la Haute école ARC, Brigitte Bachelard. Elle pilote en ce moment un groupe de travail chargé de proposer des scénarios pour l'avenir.
9 - Le compte-rendu d'une discussion avec Blaise Roulet, responsable du centre de prestations "Hautes écoles spécialisées" à l'OFFT.
10 - Un commentaire tout personnel sur le cas de Saint-Imier, qui me semble emblématique des mouvements en cours dans les HES.

Ouf! Les interventions sont rédigées dans un style plus rapide que celui qui prévaut dans le magazine. Merci d'en tenir compte.

Rédigé le 30 novembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

1) Article paru dans L'Hebdo du 30 novembre

Saintimier Concentrations Le petit site de formation du Jura bernois, pris dans un bras de fer entre les cantons et la Confédération, va-t-il réussir à se maintenir? Par David Spring.

Depuis le printemps, des rumeurs courent sur l’avenir de l’Ecole d’ingénieurs de Saint-Imier. Va-t-elle devoir fusionner avec un établissement situé dans un autre canton? Sa disparition causerait un choc dans une ville de 5000 habitants, qui abrite deux instituts de transfert de technologie liés à ce centre de formation. «Notre région compte de nombreuses industries spécialisées, situées dans de petites localités,» indique le maire Stéphane Boillat. «Pour rester performant, le réseau de contacts créé avec les écoles doit être étroit.» Sinon, «c’est la pérennité industrielle qui est mise à mal».

La menace vient de loin. En mars 1994, le Conseil fédéral avait averti dans son message accompagnant la loi sur les hautes écoles spécialisées (HES): «Un effectif de 500 étudiants (par site, ndlr) nous semble être un minimum absolu. On cherchera par des regroupements à atteindre des effectifs plus élevés.» Cette exigence, qui ne figure pas dans les textes législatifs, a été martelée.

Avec ses 162 étudiants, Saint-Imier constitue une cible prévisible. A 25 kilomètres de là, Le Locle en abrite plus de 200, dans le même domaine. Ces soucis concernent l’ensemble de la Haute Ecole ARC, née en 2005 des volontés conjuguées des cantons de Berne (partie francophone), du Jura et de Neuchâtel. Aujourd’hui, les cinq sites du réseau comptent 1134 étudiants en formation de base (diplômants inclus).

C’est peu, si l’on compare aux 1500 personnes rassemblées à la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion d’Yverdon. Un coup d’œil sur la carte montre que la plupart des sites de la HE-ARC ne répondent pas à l’exigence d’une «masse critique» de 500 étudiants. Cela n’a rien d’anodin: dans le monde des HES, pourtant financées en moyenne à 70% par les cantons, le pouvoir appartient à la Confédération, qui agit par l’intermédiaire de l’Office fédéral de la formation et de la technologie (OFFT).

Plusieurs députés au Grand Conseil bernois ont relayé ces inquiétudes. Par une motion urgente, Jean-Pierre Rérat (PRD) et Maxime Zuber (PSA) demandent au gouvernement d’obtenir des informations sur les «intentions» de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO). «Nous craignons que la HE-ARC ne soit considérée que comme l’appendice nord d’une grande école, sans qu’elle possède les moyens de se développer et de prendre ses propres décisions,» précise Maxime Zuber.

Présidente du comité stratégique de la HES-SO (où siègent les conseillers d’Etat romands responsables de la formation), Anne-Catherine Lyon indique que ce réseau ne peut imposer aucun regroupement: «Nous prenons les décisions à l’unanimité.» La socialiste rappelle que le comité s’est battu «pied à pied contre la notion de masse critique, contre cette limite fixée à 500 étudiants». Sa solution? Que «les trois cantons concernés proposent une solution de compromis». Une sorte de contreprojet au site unique.

De son côté, Bernhard Pulver, conseiller d’Etat bernois chargé de l’Instruction publique, assure: «La Haute Ecole ARC doit être présente dans les trois cantons. Nous voulons conserver un lieu de formation de niveau tertiaire et un institut de recherche dans le Jura bernois.» En ce moment, Brigitte Bachelard, directrice générale de la HE-ARC, mène un groupe de travail chargé d’étudier les scénarios possibles. Ses conclusions devraient tomber au début 2007. Mais la «marge de manœuvre est très faible,» reconnaît-elle. Comment faire gagner tous les joueurs dans un jeu où sauver un site peut signifier en affaiblir un autre?

Responsable du centre de prestations «Hautes écoles spécialisées» à l’OFFT, Blaise Roulet est sceptique. «Conserver un site par canton me paraît extrêmement difficile, car les coûts par étudiant resteront beaucoup trop élevés.» Le Neuchâtelois estime qu’un site unique pour la HE-ARC constitue la meilleure solution. Un bras de fer s’annonce. En avril 2007, l’OFFT rencontrera les instances dirigeantes de la HES-SO. Trois cantons risquent de se retrouver bien mal récompensés d’avoir collaboré par-dessus leurs frontières.

Rédigé le 30 novembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

2) Stéphane Boillat, maire de Saint-Imier

"Saint-Imier propose une offre de formation importante, comme un centre professionnel, un lycée technique et l'école d'ingénieurs. Il faut y ajouter deux instituts de transfert technologique, installés dans l'un des deux parcs technologiques de la ville."

"Notre région compte de nombreuses industries spécialisées (microtechnique, mécanique, électronique), situées dans de petites localités. Pour rester performant, le réseau de contacts créé avec les écoles doit être étroit. Si ce lien se perd, c'est la pérennité industrielle qui est mise à mal."

"Une solution qui ne comprend pas de site de formation dans le Jura bernois (et donc à Saint-Imier) est vouée à l'échec. Si l'on examine la configuration géographique, un site centralisé ne pourra pas être aussi attractif que le site actuel. Les étudiants recrutés dans le bassin actuel seront perdus pour ce site unique."

Propos recueillis par David Spring

Rédigé le 30 novembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

3) Maxime Zuber, député

Résumé d'un entretien téléphonique avec Maxime Zuber, député PSA au Grand Conseil bernois. Coauteur d'une motion sur l'avenir de la HE-ARC.

"Affichée autant par l'OFFT que par la direction générale de la HES-SO, il existe une volonté de rationaliser le fonctionnement de ces écoles et de parvenir à des regroupements qui respectent des effectifs minimaux imposés par site."

"Ma première inquiétude concerne l'exigence de 500 étudiants par site. Cela peut être demandé pour des régions urbaines, mais il faut tenir compte des spécificités d'autres régions, notamment dans la chaîne horlogère et microtechnique de l'Arc Jurassien. Une pression s'exercera au travers d'un refus de subventionnement aux établissements qui ne respecteraient pas ces effectifs minimaux."

"Il existe une autre inquiétude, plus subtile. Le système de gouvernance de la HES-SO met en position difficile la HE-ARC, une école tricantonale. Le pouvoir de décision risque d'échapper aux cantons, et nous craignons 1) le lémanocentrisme que l'on observe dans d'autres domaines, et 2) que cette HE-ARC soit considérée comme une sorte d'appendice nord d'une grande école, et qu'elle n'ait plus les moyens de se développer et de prendre ses propres décisions stratégiques."

"Je souhaite que les autorités cantonales bernoises s'impliquent davantage dans ce dossier, qu'elles fassent entendre leur voix dans cette institution purement romande. Nous ne remettons pas en cause la participation de berne à la HES-SO, ni à la HE-ARC. Il est important que le Jura bernois fasse partie de ce qui s'organise au niveau romand. Il faut pas que le canton de Berne sous-traite la question de la HE-ARC à la Suisse romande."

"Nous savons bien qu'il faudra faire des sacrifices pour arriver à l'organisation d'une école efficiente. Mais il ne faut pas que cela se fasse n'importe comment. Nous pourrions imaginer de tout regrouper à Neuchâtel! Au niveau de l'attractivité, c'est ce que l'on pourrait faire de mieux pour la région jurassienne. Mais la HES-SO verrait cela d'un mauvais œil, car ce serait remettre en concurrence Neuchâtel et Yverdon. Au niveau de la HES-SO, on a décidé de bétonner Yverdon sans trop demander aux autres cantons ce qu'ils en pensent..."

"Dans cette réorganisation qui s'annonce, il faut que les trois cantons trouvent leur compte. Je fais confiance au groupe de travail, pour qu'il trouve une solution acceptable."

"Il faut distinguer les différents niveaux de formation. La base se donne dans des écoles. Malgré un certain attachement, elle peut être déplacée facilement. En revanche, le lien qui existe entre le tissu industriel d'une région et les instituts de formation, de transfert technologique et la formation postgrade ne se déplace pas comme cela: de plus, la mission des HES consiste à assurer un lien de proximité."

Propos recueillis par David Spring

Rédigé le 30 novembre 2006 dans L'école d'ingénieurs de Saint-Imier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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